LA ROUTE EST LONGUE

Par Josée Pilotte
LA ROUTE EST LONGUE

Longue est la route du bonheur.

Remarquez ce n’est pas très étonnant: il sem- blerait que certains dossiers sont plus longs que d’autres à voir le jour. C’est long, ça stagne… ce qui fait qu’en bout de ligne, on a

l’impression que rien n’avance à la vitesse grand V dans notre région.

Ainsi ce n’est ni cette année, ni la suivante que l’Interconnexion verra vraiment le jour. Vous savez l’Interconnexion, celle qu’on attend depuis plus de 10 ans, ce projet qui doit (enfin!) relier le Corridor aérobique et le P’tit train du nord. Vous savez l’Interconnection, ce projet qui de- vrait aller de soi tant il nous ressemble, tant il est dans l’ère du temps, tant il est l’Avenir.

Nous l’avons crié. Nous l’avons crié dans les politiques familiales, lors des consultations pu- bliques pour le Parc régional. Nous l’avons hurlé au cours de l’évènement Mes Laurentides de rêve… Plus de pistes cyclables, un réseau de pistes accessibles pour la famille, l’aménage- ment de sentiers de vélo de montagne, etc…

Je pourrais vous citer mille énoncés de «docu- ments de planification» où la réalisation de l’In- terconnexion était au cœur des préoccupations.

Ils étaient donc dix maires la semaine der- nière réunis autour d’une table, d’un préfet;

autour d’une région. Ils étaient dix maires à avoir le pouvoir de faire avancer ce projet tant attendu.

La proposition originale était la création d’un fond d’ 1⁄2 cent (oui, oui, vous avez bien lu : une demie cenne!) par tranche de 100$ de l’évaluation municipale, pour relier les deux grands axes cyclables de notre région. Ce fonds permettait aussi d’aménager des sentiers de vélo de montagne, d’aménager des aires de repos, de procéder au pavage de voies d’accotement, etc… Tout ça pour oxygéner nos têtes et notre région, tout ça pour 10$ par an par tête de pipe… Cela re- présentait un investissement de 4 millions $ sur dix ans, sans avoir à emprunter… et sans compter les subventions qui vien- draient en plus.

Bordel! Pour le prix d’un seul trio McDo, on se paye un moteur économique digne du 21e siècle, on devient LE pôle du vélo au nord de Montréal. Imaginez les retombées écono- miques, touristiques. Imaginez la qualité de vie de nos citoyens.

Messemble que c’était une proposition honnête. Ils étaient dix autour de la table et ont opté pour une solution de moindre envergure: 175 000$ par année (qui de- vrait être doublé par le Fonds de la rura- lité), sur 10 ans.

Des élus à l’écoute? Je n’en suis pas certaine. Je crois que certains ont acheté la paix à ra- bais, en adoptant ce règlement tiède pour échapper aux critiques citoyennes. Je ne crois pas que tous les maires ont, réellement, ce dossier à coeur. J’en ai eu la confirmation entre les branches depuis un moment déjà. Le dossier «vélo-sentiers-plein air» ne fait pas partie de la vision à court et à moyen termes de certains de nos élus.

Alors on fait quoi? On s’indigne devant ce montage financier peureux? Ou bien on est créatifs et imaginatifs, comme une mère-mo- noparentale-trois-enfants-p’tite-job: on refait notre liste d’épicerie, on se relève les manches pis on se met au fourneau?

Y’en aura pas d’facile.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de