La santé publique des Laurentides a les jetons

Par Nathalie Deraspe

Colloque sur les jeux de hasard et d’argent

La venue de salons de jeu à Tremblant et sur la couronne nord de Montréal fait craindre le pire aux directrices de santé publique de Laval et des Laurentides qui, plus tôt cette semaine, tenaient conjointement un colloque pour tenter de minimiser les impacts psychologiques et sociaux créés par l’ouverture de ces deux Ludoplex.

Cet événement fait suite à l’avis de santé publique émis en février dernier par l’ensemble des Directions de santé publique du Québec, un document doublé d’une série de recommandations à l’endroit de Loto-Québec, dont celui de limiter l’accès aux guichets automatiques dans un périmètre d’un kilomètre des aires de jeu.

Dans les Laurentides, on indique que la société d’État ne répond pas aux critères fixés par son propre plan de développement. En effet, loin de diminuer de 31% les appareils de loteries vidéo (ALV) sur trois ans, l’ouverture du salon de jeu de Tremblant et de l’hippodrome situé plus au sud fera en sorte d’augmenter l’offre de jeu de 250% et ce, dans des secteurs où la population est particulièrement à risque. À quelques kilomètres où sera implanté le nouvel hippodrome, 28,7% des Laurentiens vivent sous le seuil de pauvreté, un facteur déterminant dans les causes de jeu pathologique. À Mont-Tremblant, les zones de vulnérabilité matérielle et sociale sont bien présentes «immédiatement autour du site», souligne la Direction de santé publique (DSP) des Laurentides. Et même si Loto-Québec prétend que 60% de sa clientèle proviendra de l’extérieur de la province, le DSP rétorque qu’elle ne posséde par d’informations quant aux moyens identifiés pour attirer autant de touristes étrangers. «Qu’arrivera-t-il si la clientèle touristique n’est pas au rendez-vous?», questionne le document de février dernier.

Créer un environnement défavorable
«Il faut relancer le débat, a expliqué en entrevue la directrice de santé publique des Laurentides, Blandine Piquet-Gauthier, au sortir du colloque. Tout comme dans le cas de l’obésité, il faut travailler sur l’environnement et non pas sur la personne. Cela dit, nous ne sommes pas en guerre contre Loto-Québec, précise Mme Piquet-Gauthier. Mais avec les partenaires réunis ici, on essaie de mettre ensemble nos expertises pour faire avancer nos recommandations. Il y a des services existants, mais le joueur nie son problème. En général, il est souvent trop tard pour aller chercher de l’aide. Il a perdu sa femme, ses amis, son travail, sa maison. Et malheureusement, le suicide n’est que la pointe dramatique d’un iceberg.» Près de 200 personnes ont assisté au colloque de mardi.

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