La vengeance est douce au cœur de l’Indienne.

Par Josée Pilotte

«Ça me fait un p’tit velour de constater qu’au lendemain des élections un candidat qui a boycotté la couverture d’Accès au cours de la campagne électorale vient à son tour… d’être boycotté par les électeurs (pis pas à peu près à part ça!), à la mesure du boycott qu’il a exercé chez nous. Oserais-je vous dire, un sourire en coin “Quand on crache en l’air, on finit par crasher”?»…

Non, évidemment, c’est beaucoup trop facile. Je sais bien que ce genre de discours ne tient pas la route longtemps, ne fait pas évoluer le débat social, mais putain que ça fait du bien! Il serait facile pour moi d’utiliser mon «Espace» pour régler des comptes, comme certains utilisent leurs pouvoirs, leurs titres et leurs tribunes pour mener ce genre de salissage gratuit. Mais bon, je ne veux pas vous emmerder avec ça!

Parlons plutôt de Mario, «LE Super Mario» qui est entré triomphant par la grande porte du château parlementaire, et ce malgré les observations des penseurs bien-pensants, des sondeurs, de nos dignes analystes de la scène politique. Ce Super Mario «sans substance», qualifié de« populiste», de «démagogue» qui nous replongera sûrement, nous, les Québécois, à une époque lointaine, celle de Duplessis et de l’obscurantisme de la grande noirceur. Ben oui!, chers alarmistes, on a saisi le concept! Comprenez-moi bien là,je ne vous dis pas que je suis en accord avec son programme ou ses idées, mais avouez qu’on ne peut pas passer à côté de ce vote protestataire. En tant qu’éditrice il me semble que je me dois de m’interroger sur la signification de cette montée fulgurante et soudaine de l’ADQ dans les Laurentides.

De vous qui avez voté ADQ, on dit ces jours-ci (toujours ces analystes de haut niveau!) que vous vous êtes faits endormir par de beaux discours séduisants. Un beau propos alarmiste comme on les aime!

Moi je trouve ça franchement condescendant, hautain pour le tiers de la population qui a fait respectueusement son devoir de citoyen…

En fait, on vous dit qu’on vous a vendu un char, mais que vous ne savez toujours pas s’il sera ou non un citron (citation de la semaine du rédac’chef).

Les résultats de l’ADQ, à mes yeux, traduisent surtout un immense vote de contestation contre de vieux partis que l’on peut trouver sclérosés, encroûtés dans un confort paresseux: un imbécile qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis.

Ce raz-de-marée n’est rien d’autre que l’expression d’un raz-le-bol collectif. Et attelons-nous, le débat est très loin d’être terminé, nous en entendrons parler dans les tribunes, journaux, lignes ouvertes des grandes gueules qui, d’ailleurs, ces jours-ci semblent être en voie d’extinction, du moins en extinction de voix. Il semble que les Gendron, Mailloux, Proulx, Fillion et autres rois Arthur de ce monde disparaissent de la map. Ils se reclycent ou se font tasser aussi cavalièrement qu’ils ont tenu des propos assassins.Voilà peut-être un danger: jeter le bébé avec l’eau du bain.

Mais.

C’est vrai qu’ils représentent un danger pour notre société, surtout quand ils dérapent, utilisent leurs tribunes pour salir gratuitement, se faire du capital sur le dos des autres. Pis franchement, si on pouvait clôner Paul Arcan, on le ferait!

Car.

Il faut pas oublier que d’autres grandes gueules, controversées, animent elles aussi le débat différemment, montrent d’autres pistes de réflexion et donnent souvent la parole à des gens qui, autrement, n’ont pas accès à la place publique.

Comme Mario Dumont. Qui devra faire attention lui aussi afin de ne pas déraper. Il devra se souvenir d’utiliser son pouvoir pour enrichir le débat social et, surtout, il devra être attentif à ne pas faire de ce privilège, que la population lui a donné, ce que j’aurais pu facilement faire de cette chronique si je m’étais laissée emporter par le pouvoir qu’elle me donne. Car cet Espace est aussi, pour moi, un privilège. Et puis si jamais je devais en abuser: de grâce, prévenez-moi donc!

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