Lac-Mirabel: béton pleine nature

Par Nathalie Deraspe

Les sceptiques seront confondus. Si plusieurs avaient souri quand des Euro­péens étaient venus nous vendre Rêveport, ils n’étaient pas moins nombreux à douter de la réalisation du Lac-Mirabel, situé à quelques pas de là. Même si l’idée d’un aquarium géant a été écartée, la première pelletée de terre aura bel et bien lieu, dans quelques semaines tout au plus, promet le directeur du projet, Louis Grenier.

Cela est désormais d’autant plus plausible que la banque d’affaires Morgan Stanley, vient d’engager 100 M$ US dans le projet, somme qui vient s’ajouter aux 350 M$ d’investissements prévus au départ. L’établissement de New York devient ainsi le principal partenaire financier aux côtés du Gordon Group Holdings, à l’origine du concept.

Malgré plusieurs reports, le directeur du projet n’a jamais perdu une once de confiance dans Lac-Mirabel. Invariablement, celui-ci annonçait aux six mois que le projet était toujours bien en selle, malgré le scepticisme de ses interlocuteurs.
Étrangement, le site promotionnel Internet laisse envisager à peu près n’importe quelle aventure sauf celle d’une visite dans un grand centre commercial. Voyez vous-mêmes. Après nous avoir présenté une magnifique chaloupe en bois dans un décor noir et blanc, on nous dit de respirer, de sentir et de découvrir (tout ça en anglais). «Plus souvent qu’autrement, peut-on lire, le progrès technologique est synonyme de recul pour l’environnement. Le développement de nos sociétés engendre une surexploitation toujours plus importante de nos ressources naturelles. Ne pourrions-nous pas plutôt utiliser le progrès technologique pour freiner la détérioration de notre environnement?»

Même si les promoteurs affirment haut et fort qu’il s’agira du premier grand centre commercial construit en bordure de Montréal depuis 27 ans, le dernier en date étant les Promenades Saint-Bruno, bon nombre de consommateurs n’y voient rien de plus qu’un autre mégacentre comme celui de Boisbriand. À y regarder de plus près, force est de constater que le Gordon Group est prêt à y mettre le paquet (et y a déjà mis le temps) pour tenter d’attirer des clients d’aussi loin qu’Ottawa et de faire pleine concurrence à Tremblant.

Construction LEED

Oubliez Wall-Mart. Lac-Mirabel promet d’être un leader en matière de construction écologique et ses promoteurs aspirent à obtenir la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Plus encore. Pas question de louer des espaces pour fins de quincaillerie ou d’épicerie. Ici, on parle de retail-tainment, un néologisme typiquement américain qui relie les mots commerce de détail à celui de divertissement. «C’est ce qu’on appelle désormais le fin shopping, explique Louis Grenier, un amalgame des plus récents concepts. Il n’y a rien qui s’approche de ça. Même le Quartier 10-30, sur la Rive-sud, n’offre pas autant de services récréo-touristiques.»

Magasiner comme jamais

Lac-Mirabel, c’est un projet récréo-touristique de 1,6 million de pieds carrés avec un complexe sportif adjacent de 100 MM$, comprenant 3 terrains de soccer, plusieurs patinoires et un terrain de football. Plusieurs plans d’eau y seront aménagés, y compris un lac artificiel, converti en immense patinoire l’hiver et entouré d’une série de restaurants. C’est aussi un spa de 100 000 p.c ., des magasins de luxe, et quantité de magasins de plein air dont Cabela’s, le plus imposant au monde. Le tout situé bien assis sur 330 acres de terre, à 42 kilomètres de Montréal. Finalement, le projet nécessitera le déplacement d’une pipeline et l’ajout d’une nouvelle voie de transport.

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