Lac Mirabel: le géant vert

Par Nathalie Deraspe

Les promoteurs du méga-projet Lac Mirabel entendent bien profiter de la vague verte qui déferle. Ceux-ci comptent obtenir la certification LEED argent. Un défi à la hauteur des investissements prévus puisque dans son ensemble, le projet est évalué à 1,2 milliard de dollars.

Louis Grenier faisait bien de demeurer confiant. Le lac Mirabel verra bel et bien le jour à l’automne 2009, «comme on l’avait prévu», souligne le directeur de projet. Et même si l’image idyllique d’un canot voguant paisiblement dans la pénombre est disparue de la page d’accueil du site Internet du lac Mirabel, dans le concret, beaucoup de travail a été accompli pour satisfaire à la fois les exigences du Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs (MDDEP) et les gestionnaires de certification LEED (pour Leadership in Energy and Environmental Design, un système américain de standardisation dont les critères d’évaluation reposent sur l’efficacité énergétique, la consommation d’eau, le chauffage, l’utilisation de matériaux de provenance locale et la réutilisation de leur surplus). «Le plus gros défi, explique M. Grenier, c’est de gérer la construction de façon beaucoup plus serrée. Il faut penser à faire le moins de déchets possible, recycler ce qui reste et conserver ce qu’il y a de réutilisable.»

Toit vert comme le reste

Les ingénieurs du lac Mirabel ont donc tout intérêt à maximiser les gains dans chacune des étapes de cette méga-construction s’ils veulent cadrer dans ce système de pointage particulier: briques réutilisées, toit vert (décapotable, en passant), géothermie, espaces communs non climatisés, voilà autant de points qui conduiront à la certification escomptée.

Sur le site proprement dit, quelque 5000 plantes et arbres menacés ou rares ont été replantés ailleurs dans la région. Ceux-ci seront réintroduits en toute fin de projet dans l’aménagement du lac Mirabel. De plus, 60 acres devront être conservés (3 millions de pieds carrés sur 14). Les milieux humides ont été clôturés et dûment identifiés afin d’être à l’abri des mastodontes qui, d’ici quelques semaines, viendront défricher le paysage. Les coûts reliés à une certification LEED tendent à diminuer, indique Louis Grenier. «Ça coûte de 10 à 15% plus cher, mais selon l’efficacité énergétique des bâtiments, cette somme pourra être résorbée dans 10 ou 12 ans.»

Le bâtiment principal à être construit a déjà séduit 70% d’importantes bannières commerciales dont le géant du plein air américain Cabela’s. Outre les 425 M$ que nécessiteront sa construction, le Gordon Group Holdings, avec Rubin Stahl à sa tête, (créateur du West Edmonton Mall, considéré pendant 20 ans comme le plus grand centre commercial du monde avec ses 800 magasins et ses 110 restaurants) entende ajouter au lac Mirabel un méga-complexe récréosportif et un volet résidentiel de 1 200 unités. Le terrain, acheté au coût de 43 M$ en mai dernier, a déjà nécessité la construction d’un viaduc à quatre voies, payé en partie par les promoteurs du projet.

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