Laurentides et tourisme: défis et enjeux

Par Andre Berard
Laurentides et tourisme: défis et enjeux

Dépayser et «repayser» le touriste

Accès vous présente la suite de son dossier Laurentides et tourisme: défis et enjeux… commence il y a deux semaines. L’on peut le consulter entièrement sur ce site.

Tourisme Laurentides, un organisme voué à la promotion du tourisme dans cette région est considéré comme une référence dans cette industrie qui est sans contredit le poumon économique des Laurentides. Accès a recueilli les commentaires de Diane Leblond, directrice de l’organisme, qui corrobore ceux de Michel Archambault, titulaire de la chaire de tourisme de l’UQÀM.

Concernant la protection des paysages laurentiens, Diane Leblond tient essentiellement le même discours que Michel Archambault. Elle se dit satisfaite des progrès réalisés en matière de protection des paysages tout en étant consciente du travail qu’il reste à faire: «Il y a vingt ans, nous mettions sur pied un organisme Environnement visuel plus Laurentides. C’est ce qui avait lancé la lutte à la pollution visuelle, comme nous l’appelions à l’époque. Depuis, plusieurs se sont passé le flambeau. Aujourd’hui, nous en sommes au stade où le travail effectué commence à donner des résultats. Les gens prennent maintenant conscience que la valeur de la région des Laurentides s’établit en fonction de la richesse de ses paysages, par la qualité de l’eau, de l’air et de façon générale, de l’environnement.»

Le statut de principal attrait touristique du paysage laurentien est confirmé par des sondages effectués auprès des clientèles régionales et internationales: «Les résultats sont formels: la valeur ajoutée des Laurentides est le paysage», confirme Diane Leblond.

La directrice de l’organisme admet cependant que cette valeur ajoutée est fragile et précieuse. Le boom démographique que connait actuellement la région des Laurentides doit s’inscrire dans les préoccupations des acteurs régionaux. Le plan directeur, rédigé en collaboration avec la firme Zins Beauchesne, interpelle à ce sujet tous les décideurs, notamment le conseil régional des élus (CRÉ), afin de travailler de concert à un développement encadré permettant de protéger cette richesse unique qu’est le paysage laurentien. Diane Leblond insiste: «Il faut se mettre en mode protection. Il ne s’agit pas d’empêcher tout développement, mais plutôt de s’assurer qu’il se fasse en harmonie avec les différents besoins. Actuellement, l’industrie touristique travaille très fort au développement du tourisme durable.» Selon la directrice, ce sont les clientèles qui exigent que l’on protège les environnements, que l’on recycle dans les hôtels, etc.: «De plus en plus de touristes s’intéressent au développement durable et à la protection des paysages.»

La protection du patrimoine, dans sa définition la plus large, est aussi un défi incontournable que devra relever l’industrie touristique. La directrice se dit satisfaite des efforts déployés par les décideurs, les gens de l’industrie et les différents acteurs régionaux, qui selon elle «démontrent une réelle volonté de protéger et valoriser le patrimoine laurentien».

Dépayser et «repayser» le touriste
«Nous devons dépayser les touristes, mais aussi les «repayser», c’est-à-dire les immerger dans notre culture. Les touristes cherchent de plus en plus à connaître la culture de la région qu’ils visitent, son histoire, ses saveurs et son identité.» Le tourisme fait partie intégrante de l’identité des Laurentides: «L’industrie touristique s’est installée il y a plus de cent ans dans les Laurentides parce qu’il y avait un cadre, un environnement propice aux activités de plein air et de détente. Si nous perdons ce cadre, ne serait-ce qu’en partie, nous risquons gros», ajoute la directrice de l’organisme.

Diane Leblond favorise une approche positive des enjeux et des défis que devra relever l’industrie touristique des Laurentides durant les prochaines années. C’est en se concentrant sur les aspects positifs que l’industrie parviendra à maintenir la qualité du produit et à le bonifier: «Nous ne devons pas dormir sur nos lauriers. Les touristes perçoivent positivement notre région, ses paysages et ses gens. Il nous appartient d’être en mesure de faire le même constat dans cinquante ans», conclut-elle.

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