L’autre visage de la maladie d’Alzheimer

Par Journal Accès

Aujourd’hui, je veux vous parler de Marthe, ma mère.

C’est une femme courageuse qui a pris soin d’un mari handicapé et de ses sept enfants.

Maintenant, elle vit dans la Résidence «Le manoir de l’émeraude». Elle a une grande chambre qui ressemble à un petit studio. La vue sur Prévost est magnifique.

Je vais, deux fois par semaine, passer du temps avec celle qui m’a donné la vie.

Sa voisine Suzanne vient visiter ma mère, souvent, elles sont devenues des amies. Toutes deux sont atteintes par la maladie d’Alzheimer, elles se racontent des histoires et rigolent. Elles chantent «La vie en rose» et autres chansons du répertoire français.

Cette fois-ci, j’amène Marthe à Ste-Agathe.

J’entre dans sa chambre, elle dort. Je l’entends parler, elle gazouille: «Oh, les beaux oiseaux, les beaux oiseaux», dit-elle dans son sommeil. Elle se réveille, me sourit.

Bonjour maman, nous allons au Café Coup de cœur, oui, me dit-elle. Ce café communautaire dessert la population de Sainte-Agathe en offrant des repas à prix pour les mini-budgets. Lyse Madran nous reçoit, toujours, chaleureusement.

Sur la route, ma mère observe le vert tendre dans les arbres, l’apparition des pissenlits. Fenêtre ouverte, cheveux aux vents, la journée ressemble à une escapade.

Tous les samedis, au Café, c’est le brunch. «Copieux et goûteux», dit Marthe. Elle aime cet endroit où se côtoient les différentes générations. Les bénévoles nous montent de généreuses assiettes.

 

Après un bon dîner nous reprenons la route.

La voiture longe l’allée prenant le chemin vers Prévost. Sur la voie, on traverse un dos d’âne. «Youpi!» s’exclame Marthe.

Arrivées au Manoir, nous nous installons sur la terrasse. Le changement de saison offre un spectacle admirable.

Elle s’assied à une table, j’ouvre un grand bouquin sur les fleurs. Maman se plonge dans cet ouvrage exprimant son extase devant tant de beauté.Puis elle observe, effleure du regard la nature ambiante. Son attention se dirige vers les papillons qui voltigent autour d’elle. Son émerveillement ne trahit pas ses 84 ans.

Une dame apparaît avec cinq petits chiens en laisse. Maman les caresse et parle à l’un deux: «Ta fourrure est soyeuse, tu es gentil»…

On est bien, il fait ni trop froid ni trop chaud, précise-t-elle.

On entre chez elle et Suzanne vient visiter Marthe. Je pars, je salue les deux dames.

Finalement, je les laisse. Elles regardent un film où il y a des jeunes adultes qui dansent sur une musique endiablée des années 80. Toutes les deux tapent du pied, le sourire aux lèvres.

 

Voilà une journée en bonne compagnie.

La maladie nous donne un répit, une accalmie. On ne sait pas comment vont se présenter les symptômes mais nous savons que chaque instant, passer avec elle, est précieux.

Le 27 mai a lieu la Marche de la mémoire pour la 6e année. Je vous invite à marcher avec moi à partir de la place Lagny de Sainte-Agathe. Ou encore en compagnie de Chantal et Annie; massothérapeutes à la résidence de ma mère. Leur point de marche est celui de Saint-Sauveur.

 

Tous les fonds amassés lors de la Marche de la mémoire, dans les Laurentides, serviront au répit des aidants naturels qui en ont bien besoin.

 

Soyez généreux de votre temps ou commanditer un marcheur parce que les malades et leurs familles en ont bien besoin.

 

 

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