Le début d'un temps nouveau à Saint-Sauveur?

Photo de Mathieu Laberge
Par Mathieu Laberge

Sentiers quatre saisons

Le développement de réseaux de sentiers quatre saisons a commencé à se concrétiser un peu partout dans la MRC des Pays-d’en-Haut depuis les dernières années. Certains étaient officieux avec l’accord de propriétaires terriens, ou d’autres étaient plus officiels avec la bénédiction des villes comme Morin-Heights ou Sainte-Adèle. Après des années de laxisme, Saint-Sauveur s’apprête à emboîter le pas en ce sens. Accès présente un tour d’horizon de cette petite révolution.

 

Un enjeu électoral

Plusieurs candidats qui ont été élus aux dernières élections municipales ont pris des engagements électoraux envers l’officialisation et la création de sentiers. Si, dans le passé, ce dossier était presque uniquement défendu pour la pratique du vélo de montagne, la nouvelle vision des principaux intervenants est désormais de construire et d’entretenir des sentiers quatre saisons destinés à des activités multiples comme la marche, la raquette, le vélo de montagne et le ski hors piste.

 

François Trudeau, membre du conseil d’administration de la Société du Parc régional des Pays-d’en-Haut (SOPRÉ) et activiste pour la reconnaissance des sentiers dans la région, reconnaît avoir été contacté par des candidats au cours de la dernière campagne électorale, notamment ceux de Saint-Sauveur. Ceux-ci voulaient connaître le portrait de la situation actuelle, mais aussi en connaître davantage à propos des possibilités locales, touristiques et économiques de l’impact d’une revitalisation et officialisation des réseaux.

 

«Ce sont les résidants qui les ont questionnés et ils voulaient des outils pour répondre à leurs questions. Les candidats se sont aperçus que beaucoup de gens leur demandaient des sentiers quatre saisons et pas juste ceux qui font du vélo de montagne. Par exemple, il y a beaucoup de baby-boomers qui font de la marche dans les sentiers. Les retraités ne déménagent pas ici pour être à Laval ou à Blainville. Saint-Sauveur, c’est un village de montagnes et le nouveau maire, Jacques Gariépy, le comprend.»

 

Le nouvel élu confirme qu’il maintiendra le cap à propos de ce qu’il avait avancé avant le scrutin du 3 novembre: «Notre première action sera de former un comité qui sera composé d’élus, de représentants et de citoyens usagers des sentiers. Ce comité aura comme tâche de répertorier ce qui existe et aussi de voir les possibilités d’extension pour ensuite établir un échéancier», explique M. Gariépy en précisant que ce groupe de travail devrait être formé en janvier.

 

Le premier magistrat sauverois voit également dans ce projet un nouveau filon touristique. «C’est une priorité pour nous et nous cherchons des façons de développer des moteurs économiques pour attirer des gens ici. Les visiteurs pourront profiter des services que nous offrons déjà, que ce soit en restauration, boutiques, etc.»

 

Force est de constater qu’il s’agit d’une attitude qui contraste en tous points avec celle de l’administration de l’ancien maire Michel Lagacé qui avait fait la sourde oreille aux amateurs de plein air pendant ses deux mandats.

 

Une interconnexion aussi en forêt?

Au même titre que le lien cyclable sur route de 11 kilomètres qui est prévu entre le Parc linéaire du P’tit train du Nord et le Corridor aérobique, les usagers des sentiers rêvent maintenant que les sentiers des différentes municipalités puissent être reliés entre eux. Sans s’avancer sur le sujet, le maire Gariépy ne ferme toutefois pas la porte à cette idée. «Il y a des projets régionaux qui peuvent être faits et toutes les municipalités autour ont elles aussi des sentiers existants.»

 

«Je prédis que Saint-Sauveur sera le catalyseur dans la région», avance François

Trudeau. C’est difficile d’expliquer à quel point ça bouge et ça va vite dans la MRC des Pays-d’en-Haut. On a fait un bond de géant et c’est fantastique ce qui s’est produit au cours des dernières années. C’est au-delà de nos plus grandes espérances!»

 

 

Tour d’horizon des autres municipalités

 

Par Mathieu Laberge

(avec la collaboration de Félix Côté)

 

Morin-Heights

Les choses bougent depuis un bon moment déjà à Morin-Heights et elles ne sont pas près de s’arrêter. Le développement d’un réseau de sentiers municipaux sur le site du Mont Bellevue va bon train. Pour 2014, on ne prévoit pas augmenter le nombre de kilomètres de pistes, sauf que la municipalité améliorera la signalisation et le balisage des pistes en plus de publier des cartes de son réseau.

 

La construction du chalet au parc Basler devrait s’amorcer au début de l’été 2014 et devrait se terminer à la fin de l’automne, tout juste pour le début de la saison de skis de fond et de raquettes.

 

«Morin Heigts, c’est l’élève modèle et ils veulent devenir la capitale du vélo de montagne dans les Laurentides. Tim Watchorn, c’est le maire le plus proactif pour le plein air», soutient François Trudeau.

 

Sainte-Adèle

Depuis quelques années déjà, Plein air-Sainte-Adèle travaille en étroite collaboration avec la ville et le propriétaire du Mont Chantecler. Les principaux objectifs pour les mois à venir seront la création d’une piste de vélos de montagne de niveau débutant sur le terrain de golf par 3 du Chantecler, terrain qui est aujourd’hui fermé, ainsi que de poursuivre l’entretien du réseau actuel.

 

Saint-Adolphe-d’Howard

L’ancien maire Réjean Gravel a donné un second souffle au Mont-Avalanche, sauf qu’il a mordu la poussière aux dernières élections municipales en terminant troisième En ce début de mandat, la priorité de la nouvelle mairesse Lisette Lapointe est le dossier relatif au projet de ligne à haute tension d’Hydro-Québec. Mme

Lapointe a précisé à Accès qu’elle et son équipe replongeraient dans le dossier des sentiers au retour de la période des Fêtes.

 

Sainte-Anne-des-Lacs

Le dossier majeur dans cette municipalité est d’officialiser la piste Loken, qui est le lien principal entre Sainte-Anne-des-Lacs et Saint-Sauveur. Comme l’indique le président du Club de plein air de Sainte-Anne-des-Lacs, André Lessard, les autorités de la municipalité sont prêtes à offrir leur collaboration si les propriétaires terriens donnent leur accord en matière de droit de passage.

 

«Nous avons envoyé des lettres aux propriétaires terriens du secteur afin d’obtenir des droits de passage. Si cela se concrétise, la municipalité nous appuiera en ce qui a trait aux assurances et à l’aménagement de stationnements.»

 

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