Le Devoir ne fait pas son devoir!

Par JC Bataille

des mots…et des notes

Les 25 et 26 juillet derniers, le groupe pop Police donnait deux spectacles à Montréal. Après vingt ans d’absence, la bande à Sting revient. Quel événement! Comme tout spectacle d’envergure, les organisateurs ont envoyé il y a plusieurs semaines un communiqué de presse annonçant la pré-vente de billets pour le grand rendez-vous. Le monde des médias, d’une manière générale, n’hésite pas à jouer le jeu et à publier un entrefilet dans ses colonnes ce genre d’annonce. En contrepartie, il est courant que les services publicitaires des journaux se voient confier un budget afin de promouvoir ces soirées.

J’écoutais Thérèse Parisien dernièrement sur 98.5 FM lorsque j’eus la surprise d’entendre une intervention de Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir. Ce dernier faisait part de son extrême mécontentement de ne pas avoir reçu d’invitation pour le concert de Police. Au cours de l’entretien téléphonique entre le directeur de presse et l’animatrice, j’appris que les organisateurs du spectacle déploraient le fait que le Devoir n’avait pas fait ses devoirs. Le journal montréalais qui se targue de capter trois-cent mille lecteurs n’a pas annoncé la pré-vente des billets. Pour lui signifier leur mécontentement, les organisateurs n’ont pas octroyé de budget publicitaire au quotidien et n’ont pas envoyé d’invitations aux journalistes du Devoir.

Sans conteste très amer, Jean-François Nadeau n’a pas hésité à dénoncer les organisateurs, allant même jusqu’à dire en onde que «Même si on me payait, je n’irais pas voir un groupe comme Police qui après vingt ans de non productivité vient se remplir les poches à Montréal!».

Mon cher monsieur Nadeau, vous êtes un bébé gâté! Lorsque vous ferez votre travail, peut-être recevrez-vous enfin quelques invitations. Ne jetez pas la pierre lorsque vous ne jouez pas le jeu. J’ai découvert depuis mon arrivée au Québec à quel point le journalisme est un milieu peu reluisant. Pour exemple, je discutais un jour avec un de mes amis cinéaste dont je tairai le nom pour ne pas l’impliquer dans cette histoire; celui-ci me confiait tout naturellement et le plus simplement du monde: «Mon cher Jean-Claude, si tu veux que les journalistes parlent de ton livre, glisse-leur un billet de cent au lieu d’un marque-page!».

Heureusement, quelques-uns relèvent un peu le niveau sur le plan informatif. Parmi eux, votre grand concurrent et quelques hebdos libres qui ne servent pas leur soupe sans saveur et qui n’ont qu’un objectif: celui d’informer et de promouvoir l’événementiel.

J’ai écrit pendant près de dix ans dans les pages d’un grand quotidien français qui comptait bien plus de trois-cent mille lecteurs, sans compter la dizaine de pseudos que j’ai utilisés dans d’autres titres, hebdomadaires, magazines spécialisés… Dieu merci! Je n’ai jamais été censuré malgré mes prises de position et j’ai toujours fait mon travail consciencieusement et honnêtement. J’ai même quelques bons coups à mon actif. Je ne peux que plaindre ceux qui ternissent ce beau métier, bébés gâtés, inconscients du pouvoir qu’ils ont, se croyant privilégiés qui tapent du pied en croisant les bras et en faisant la baboune quand ils n’ont pas ce qu’ils veulent. Ne passez pas les intérêts personnels avant l’intérêt de l’information.

Dommage, ceux qui voudront un compte-rendu sur le spectacle achèteront le journal de Montréal. Parce que vous avez décidé de boycotter un rendez-vous culturel qui n’aurait pas du souffrir de votre élan d’humeur.

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