Le jour le plus long

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Par Mathieu Laberge
Le jour le plus long

Ne pas dormir pendant 24 heures n’est pas facile. Courir pendant 24 heures, l’est encore moins. C’est ce défi que s’était lancé Emmanuel Daigle, de Sainte-Adèle, défi qu’il a réussi il y a deux semaines en parcourant les 130 kilomètres reliant Mont-Laurier et Saint-Faustin-Lac-Carré sur le P’tit Train du Nord.

 

«Courir 24 heures, c’était la barre mythique. J’ai appelé ça mon ”Défi Forrest Gump”», explique l’athlète de 38 ans, en faisant référence au personnage incarné par Tom Hanks dans le film du même nom.

 

«Ça n’a pas été dur. Ç’a été très dur!» poursuit-il en riant. «Tout s’est déroulé selon le plan, sauf rendu à Tremblant (ndlr: au kilomètre 110). Il était 4 heures du matin et j’ai pris une petite pause pour changer de vêtements. En me relevant, j’ai commencé à voir des points noirs. Ça faisait une demi-heure que je n’avais pas mangé et mon plan était de me nourrir à toutes les 15 minutes.»

 

L’athlète a donc réveillé son nutritionniste en plein milieu de la nuit pour faire le suivi et il a pu trouver une solution optimale afin qu’il puisse terminer les dernières 4 heures qui restaient à faire. «Il a carrément sauvé ma course et j’ai pu reprendre mon énergie!»

 

Un projet étalé sur une année

Habitué à préparer des projets sportifs de longue haleine – il exerce le métier de guide de trek en haute montagne – Emmanuel

Daigle voulait non seulement repousser ses limites. Il voulait profiter de cette aventure pour sensibiliser les gens à l’importance de l’activité physique, mais aussi pour devenir une sorte de rat de laboratoire pour des chercheurs spécialisés en physiologie sportive.

 

En septembre 2012, il a commencé à élaborer concrètement sa préparation. Dans ses rencontres avec des spécialistes de la santé, que ce soit un physiologiste de l’exercice, un ostéopathe ou un spécialiste de la course à pied, ceux-ci étaient intéressés de faire un suivi scientifique avec lui afin de savoir comment son corps réagirait à cet effort plutôt inhabituel.

 

«J’ai déjà préparé des expéditions pour des ascensions dans l’Himalaya des dizaines de fois, alors je savais comment préparer une grande aventure. Je n’aurais pu être mieux entouré dans ma préparation et tout ça m’a été d’une grande aide», a précisé celui qui avait tenté ce défi en 2011, mais qui avait dû s’arrêter après 13 heures à la suite d’une blessure.

Les impacts de ce défi

Pendant ces 24 heures, les accompagnateurs du coureur, Jean-Sébastien Berlinguette (Sainte-Adèle), Christian Ouellette (Montréal) et Jean-François Boily (Val-David), ont soutenu moralement leur ami en plus de prendre en note un maximum de données. À titre d’exemple, le coureur a changé de chaussures aux 15 kilomètres afin d’éviter que ses pieds ne s’habituent trop, limitant ainsi le risque de blessures.

«Je voulais vérifier certaines hypothèses et je ne suis pas allé au hasard dans ma préparation. Si on ne se prépare pas convenablement, on peut hypothéquer sa santé. À l’exception d’inconforts aux chevilles, je n’ai pas eu de douleurs musculaires. Cette expérience a changé ma vie. J’ai tellement appris, tant en nutrition, sur l’effort physique et sur les saines habitudes de vie. Ça va vraiment au-delà du défi sportif.»

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