Le massif des Falaises: enfin protégé

Par Eric-Olivier Dallard
Le massif des Falaises: enfin protégé

L’on aurait dit que toutes les Laurentides s’étaient données rendez-vous ce lundi de verglas pour l’annonce que Clément Cardin, le maire de Piedmont, Pierre Arcand, le ministre du Développement durable de l’environnement et des Parcs (MDDEP), l’organisme Conservation de la nature et le Comité régional pour la protection des Falaises (CRPF) avaient à faire: ce qui est connu comme le «Parc des falaises» devient une aire de conservation protégée de 459 hectares, acquise par la Société canadienne pour la conservation de la nature (SCCN).

 

«Les Falaises font partie de notre paysage naturel. Cette transaction est historique pour Piedmont comme pour toute la region», s’est réjouit le maire de l’endroit, précisant que c’est maintenant 20% du territoire de Piedmont qui se trouve protégé du développement. Clément Cardin a également tenu à féliciter les premiers défenseurs de ce territoire: les citoyens: «C’est grâce à des gens comme vous, avec votre générosité désintéressée, que de belles choses arrivent. Il nous fallait l’implication du milieu, vous avez répondu à l’appel».

 

«Ces falaises se démarquent par la présence d’écosystèmes extrêmement variés. Elles comptent des paysages grandioses formés de nombreux escarpements et d’une multitude de milieux humides. Ces écosystèmes constituent de précieux habitats pour un très grand nombre d’espèces fauniques, dont certaines espèces de rapaces peu communes», a pour sa part déclaré Pierre Arcand.

Un projet de 5,25 millions de $

C’est notamment grâce à l’octroi par le gouvernement provincial d’une aide financière  de 2 285 500$ à la SCCN, et de 60 572$ au CRPF, que le projet d’acquisitoin des terres appartenant à ERS a pu se concrétiser. Ces soutiens financiers viennent en effet appuyer l’acquisition, à des fins de création d’aires protégées, de deux propriétés dans le secteur des falaises de Prévost et de Piedmont. La somme remise à chaque organisme inclut une aide au démarrage d’un fonds de gestion et un montant forfaitaire de 5000$ pour la reconnaissance du site en tant que réserve naturelle.

 

Le gouvernement fédéral, l’organisme Protection des oiseaux du Québec ainsi que de nombreux donateurs privés sont venus compléter le financement de ces acquisitions, pour lequel les Municipalités des Laurentides n’ont pas eu à débouser un sou.

 

La propriété acquise par la SCCN couvre quelque 459 hectares sur le territoire des municipalités de Prévost et de Piedmont, tandis que la propriété convoitée par le CRPF s’étend sur plus de 8 hectares dans la municipalité de Saint-Hippolyte.

 

Un territoire accessible

Claude Bourque, président du CRPF, une organisation citoyenne qui est montée dès les premières heures aux barricades pour défendre ce joyau laurentien, a souligné que «dans ce rêve qui prend forme, l’acquisition dévoilée aujourd’hui de ces 8 km2 protégés constitue une étape cruciale dans un processus plus large, visant à faire protéger près du double de territoire».

 

Pour Nathalie Zinger, de Conservation de la nature, «ces milieux que l’on protége aujourd’hui sont comme des livres à ciel ouvert». Elle a souligné que ce territoire demeurera accessible à la population et que dès le début de l’an prochain un comité de gestion sera mis en place afin «d’établir les priorités destinées à mettre en valeur ces espace protégés». Mme Zinger a aussi pensé à honoré la mémoire d’Alfreds B. Kelly, qui était ornithologue de son vivant et qui a légué à son décès, il y a 25 ans, sa propriété de Piedmont pour assurer le début de la protection des Falaises.

 

Rappelons que l’on y retrouve 22 des 27 espèces d’oiseaux de proie du Québec, avec entre autres, la présence du faucon pèlerin, un oiseau de proie officiellement désigné vulnérable au Québec, ainsi que celle de la chouette lapone, de la buse à épaulette et de l’épervier de Cooper. Deux espèces floristiques également susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables, soit la dryoptère de Clinton et l’arabette à fruit réfléchis, attestent de la valeur de conservation des terrains visés par ces projets d’acquisition.

 

De même, les forêts des propriétés visées sont notamment dominées par l’érable à sucre et diverses essences de feuillus nobles, dont le bouleau jaune, le chêne rouge, ainsi que le noyer cendré, une espèce susceptible d’être désignée ; menacée ou vulnérable au Québec. On y retrouve également des boisés de bouleaux blancs et de peupliers faux tremble, accompagnés d’érables rouges et de résineux.

 

Un projet régional

Comme le maire de Piedmont, le préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, Charles Garnier, a tenu à souligner l’aspect «regional» de ce projet, tout en félicitant les artisans de la première heure, ces citoyens engagés qui ont attiré l’attention sur cette aire à protéger.

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