« Le meilleur modèle de hockey-études, c’est le collégial » – Marc Filiatrault

Par Luc Robert (initiative de journalisme local)
« Le meilleur modèle de hockey-études, c’est le collégial » – Marc Filiatrault
Janice Bélair-Rolland, mairesse de Saint-Jérôme, et Marc Filiatrault, physiatre. (Photo : Antoine Meunier)

Ambassadeur du 50e anniversaire du Cégep de Saint-Jérôme, le physiatre Marc Filiatrault a connu la belle époque du hockey collégial AAA des Cheminots, qui rivalisaient avec la LHJMQ pour attirer les meilleurs espoirs dans la cité du Curé Labelle.

L’ancien arrière a disputé deux saisons à l’aréna Melançon avec les « Chems », dont la première tout juste après que les hommes de Claude Malette eurent remporté les grands honneurs du circuit chapeauté tour à tour par Serge Savard père et Claude Mailhot.

« J’ai évolué pour les Cheminots à mes saisons de 17 et de 18 ans. J’ai ensuite eu un choix difficile à faire, quand j’ai opté pour aller étudier en médecine à l’Université de Montréal. Je voyais mes amis aller jouer pro, comme Mario Bélanger en Angleterre, et ça me tiraillait en dedans. Avec le recul, je sais avoir pris la bonne décision : les études. J’avais eu de bonnes bases au Cégep de Saint-Jérôme », s’est remémoré l’homme de 56 ans.

Celui qui se spécialise de nos jours dans les traitements à la colonne vertébrale avoue avoir rapidement vieilli au contact des adversaires expérimentés dans la ligue.

« On avait droit à 3 joueurs de 17 ans par équipe et j’étais l’un d’eux. Il y avait aussi la limite d’âge, qui était fixée à 22 ans. Je me frottais à des hommes et c’était très compétitif. Avant de se rendre dans la LNH avec les Bruins de Boston, en passant par l’Université RPI, Joé Juneau jouait pour les Faucons de Lévis-Lauzon. C’est dire que la Ligue collégiale AAA était très offensive. »

Contrairement à la LHJMQ, où les joueurs de 20 ans étaient bien rémunérés, les joueurs collégiaux n’avaient pas le droit d’être rétribués.

« On n’était pas payé, mais l’équipe nous aidait à trouver un bon emploi d’été. Se faire 8 000 $ en un été à la GM de Saint- Thérèse/Boisbriand, à 19 $ de l’heure, c’était une grosse somme pour le début des années 1980. En plus, Saint-Jérôme est une ville de hockey et j’étais un de leur représentant dans l’équipe. J’ai d’excellents souvenirs de l’accueil des gens. »

Marc Filiatrault a évolué sous les ordres de l’ex-pro Robert Guindon, d’André Lauzon, de Réjean Pauzé. Mais étrangement, c’est du directeur-gérant de l’équipe, le vénérable Yves Nadon, qu’il tire la meilleure anecdote.

« On avait mal joué à Saint-Georges de Beauce. De retour à l’aréna Melançon à 3h am, le d-g Nadon nous avait intimé de sortir notre équipement gelé, de remettre notre combinaison mouillée, pour ensuite faire une pratique sans rondelle au beau milieu de la nuit ! Ça, c’était l’ancienne mentalité de la game. J’ai survécu… », en rit-il aujourd’hui.

Rendu à l’université, il croisait régulièrement d’anciens coéquipiers et adversaires du Collégial AAA, mais cette fois dans le hockey intramural.

« J’ai revu Jacques Sylvestre et d’autres joueurs talentueux. Mon cousin Richard Vermette évoluait à Concordia. On disputait encore des tournois compétitifs les fins de semaine. Au hockey senior, l’équipe de Lachute m’offrait 50 $ pour jouer avec eux les dimanches. Je m’y suis rendu, mais j’avais juste 19 ans et il fallait 20 et plus pour jouer dans ce circuit. J’ai refusé qu’on modifie mes cartes, j’ai toujours été légal dans toutes mes activités. »

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