Le plus beau Noël

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Le plus beau Noël

La chronique à Mimi par Mimi Legault
mimilego@cgocable.ca

 

Petite, j’étais une enfant entêtée pour qui un « non » signifiait « peut-être ». Mes sœurs aiment bien me rappeler mes insistances répétées auprès de mes parents vite lassés par mes arguments. Alors, le jour où j’ai demandé en cadeau un équipement complet pour skier, j’eus droit à un non catégorique. Pour eux, j’étais déjà un casse-cou, pas question d’en remettre.

Qu’à cela ne tienne, impossible pour moi de rester les deux pieds dans la m’lasse, du ski j’en ferais avec ou sans leur aide. Après tout, j’avais dix ans et j’étais remplie d’imagination. Il me fallait trouver le moyen de me procurer des skis, des pôles et des bottines. Je fis part de mon projet à mon ami Jean-Jean qui se cracha aussitôt dans les mains, il était prêt.

Je vous raconte mon aventure pour vous confirmer que lorsque l’on veut, on peut. L’histoire est réelle.

Je n’avais pas une cenne qui m’adorait sinon une tirelire à moitié pleine. Il me fallait donc user de créativité et de ruse.

D’abord, j’allai voir mon comptable de père pour lui annoncer qu’en échange d’une allocation, j’étais prête à lui offrir mon aide pour différents travaux dans la maison. Il me fixa d’un œil suspicieux sachant qu’il y avait anguille sous roche. Mais bon, l’idée lui plaisait, il acquiesça. Mes bottes de ski allaient donc être payées à même mon petit cochon rose et mon énergie au travail.

Il y avait un magasin de sport rue Principale. Dans la cour arrière, Jean-Jean et moi avions remarqué une poubelle remplie de vieux skis. Nous sommes allés cueillir les meilleurs des pires, une vraie chance de quêteux!

Et c’est dans le garage que mon ami rafistola les harnais et les planches. Ça faisait « pipique » mon affaire mais pour aller connaître la griserie des descentes en montagne, j’étais prête à tout.

Jean-Jean retrouva des pôles qui avaient dû servir à son arrière grand-père. Pas grave. J’avais une tuque, des mitaines et un semblant d’anorak et de pantalons. J’étais fin prête comme un scout.

Le « Ayers Ski Center » était situé à 20 km de chez moi mais je savais que mon amie Denise s’y rendait chaque samedi.

Elle parut heureuse de ma proposition d’aller coucher chez elle le vendredi soir, car son père l’y amenait tôt le lendemain matin. Allez hop cascade! Mon rêve allait enfin se réaliser.

Mais… je n’avais pas tout prévu. Lorsque mon paternel rencontra par hasard le père de Denise, il lui demanda s’il n’était pas tanné de m’avoir dans les jambes à chaque week-end. Ce dernier lui raconta tout. Mon père venait de démasquer tous mes plans.

L’histoire ne s’arrête pas là. Le samedi suivant, il neigeait fort.

Denise et moi descendions la pente lorsqu’elle s’arrêta net, elle venait d’apercevoir mes parents qui m’attendaient en bas de la côte. Je n’avais pas le choix. Il me fallait leur démontrer tout mon savoir-faire avec des skis qui n’avaient finalement que le nom.

Horreur! Je déboulai juste avant mon arrivée et me retrouvai penaude à leurs pieds, skis par-dessus tête. Je ressemblais à un yéti. À ma grande surprise, ils ne dirent pas un mot et s’en allèrent me laissant pantoise devant leur sourire en coin.

Pas de remontrance de retour à la maison. Mais quelques jours plus tard à Noël, je reçus le plus beau des cadeaux. Tout un kit de ski, la totale! Des skis rouges dernier cri et des bottines Le Trappeur avec « clips » trônaient sous le sapin.

Dans une grande boîte, je découvris à ma grande joie un véritable ensemble pour skieur : un anorak rouge, des pantalons de compétition « bleu sexy », une tuque rouge et des lunettes de ski.

Le plus beau cadeau, ce fut le sourire de mes parents. Ils venaient de m’offrir un présent unique : une paire d’ailes bien soudée sur mon dos, ils ont cru en moi. Au lieu de me gronder, ils ont reconnu ma débrouillardise et cette volonté de fer de vouloir réussir à tout prix.

Certains d’entre vous verront peut-être les gâteries d’une enfant-roi. Pas une miette! Ils ont été les premiers à m’enseigner que « quand on veut, on peut ».

Alors, chers lectrices et lecteurs, je vous offre mes meilleurs « veut » pour les Fêtes et le paradis bien avant la fin de vos jours!

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