Le projet Rêveport tarde à décoller

Par Nathalie Deraspe
Le projet Rêveport tarde à décoller

L’ambitieux projet du consortium français Iparks-Oger International de transformer l’aérogare de Mirabel en gigantesque parc d’amusement traîne encore sur la piste d’atterrissage. Le site Internet qui traite du dossier est toujours en construction, comme les plans visant à concrétiser ce Dreamport.
«Destination de rêve festive et culturelle, sur un fond de haute technologie». Voilà comment, lors d’un battage médiatique sans précédent en février de l’année dernière, Gilles Assouline et son collègue Jacques Gautherie ont présenté leur idée de convertir l’aérogare de Mirabel en destination touristique internationale. Le plus sérieusement du monde, ces développeurs ont promis d’attirer dès la première année d’opération, de 600 000 à un million de visiteurs dans le but de les faire voyager dans le temps comme dans le futur, sans même qu’ils aient besoin de monter à bord d’un avion ou d’un quelconque aéronef. Il fallait y penser, la destination, c’est l’aéroport.

Le projet s’est mis en branle le 16 décembre 2005, journée de la signature d’un accord de développement sans précédent entre Iparks-Oger international et Aéroports de Montréal (ADM), visant la reconversion définitive de l’aéroport de MIrabel. Se vantant d’être les lauréats d’un concours international, le consortium français aurait séduit ADM par sa «qualité, son calibre international et son financement solide», avait alors clamé Jim Cherry, pdg d’ADM.

En plus des cinémas, de la salle de spectacle, de la plage intérieure, du miraspa (sauna, hammam, etc) et du futuroscope, qui permettra de voyager dans le temps et de rencontrer des extra-terrestres (sic), le complexe d’un million de pieds carrés comprendra un aquarium géant où les visiteurs pourront circuler dans des tunnels sous-marins de 150 mètres de long, ce qui a fait dire aux expropriés de l’aéroport que «les requins ne sont pas tous dans l’aquarium».

Du rêve à la réalité

Même si les promoteurs avait annoncé la rénovation de l’hôtel Château Mirabel pour l’été 2006, les pourtours de l’aéroports sont toujours déserts. Toutefois, le dossier a fait un pas de plus en mars dernier, alors que les principaux intéressés ont signé un bail d’une durée de 25 ans, renouvelable par la suite aux cinq ans. Selon le vice-président au fret aérien et au développement industriel d’ADM, Jean Thisdale, le plan final de développement était attendu dans les jours suivant la signature et le projet serait enclenché en une seule et même phase, contrairement à ce qui avait été annoncé en 2006.

Le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, prétend pour sa part que les travaux ne pourront pas débuter avant le mois d’août prochain. L’ouverture officielle aurait vraisemblablement lieu en 2008. «Les plans n’ont pas encore été déposés et le consortium est toujours au stade d’expertise », précise-t-il.

Pour l’élu, ce projet représente une véritable bénédiction. Avant la fermeture de l’aéroport, Mirabel récoltait pas moins de 4 M$ de taxes foncières par année. Ce chiffre a fondu de moitié depuis 1987. «Si on s’était pas réveillé, poursuit le maire, la ville aurait fait faillite. On avait seulement l’agriculture et l’aéroport comme seule source de revenus.»

ADM précise qu’un bureau de gestion devrait ouvrir ses portes à la mi-avril à Montréal, ce qui devrait être de bon augure pour la suite des événements. À terme, Rêveport constitue un investissement de 300 M$ et devrait créer autour de 3 000 emplois. Iparks-Oger prétend travailler sur trois autres complexes du genre à Makao, Pékin et Canton.

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