Le vieux running gag

Par Stephane Gendron

La survie de la langue française fait l’actualité de temps à autres. Il y a un an très exactement que la convergence Corus-Quebecor-TVA-LCN-Journal de Montréal-98,5 FM-Paul Arcand lançait la grande crise des accommodements raisonnables: 59% des Québécois se disaient racistes. C’est donc dire que le Québec est composé de 59% d’imbéciles, d’illettrés et de colons? Sondage à la Con, et conclusions et analyses à la Con. La Grand’ Messe à TVA et tout le panel des pseudo-spécialistes de la question du racisme… Du racisme, il y en a malheureusement partout.

Et bien une année plus tard, on tente de créer une seconde crise qui n’existe pas: celle de la langue. Ou plutôt du péril de la langue française, le tout basé sur un sondage de coin de table effectué au sein d’une poignée de commerces de Montréal. Est-ce que quelqu’un peut me tirer avec un calibre 12 s’il-vous-plaît?

Excusez-moi, mais je suis «las» de ces débats à la Con. Puérils et stériles.

On ne vous sert pas en Français après une tentative de vous exprimer? Et bien ne donnez pas votre portefeuille et foutez le camp. C’est tout.

On vous demande de l’anglais au travail? Je serais tenter de vous dire de vous la fermer et de travailler. Aujourd’hui: pas d’anglais, pas de travail.
À moins que vous serviez de l’essence à Lebel-sur-Quevillon, l’anglais vous sera toujours utile et deviendra pour vous un outil d’avancement et de promotion. Le Français: non. C’est la réalité. Je ne dis pas que les francophones n’ont pas d’avenir.

Bien au contraire. Comparativement aux Anglais qui ne connaissent que très peu de choses à la politique et à la chose publique, les Fran­cophones du Canada ont la maîtrise de cet art, avec une longueur d’avance sur bien d’autres groupes. Très peu de politiciens Anglais du Canada peuvent se vanter d’avoir eu la stature d’un chef d’État au cours de l’Histoire.

Chez nous à Huntingdon, l’Administration municipale viole la Loi 101. Et avec raison. N’ayant pas le statut de ville bilingue, je me fais tout de même un point d’honneur de servir notre Communauté dans les deux langues.

Pourtant, le Gouvernement du Québec nous interdit d’opérer en une autre langue que le Français. Alors que faire avec notre Com­mu­nauté anglophone? Celle qui a fondé Huntingdon au début du XIXe siècle? Ce que l’Assemblée Nationale nous dit: vous n’avez pas le droit d’exister en anglais à Huntingdon. Et bien je dis à l’Assemblée Nationale: Merde avec votre loi 101. Bien sûr, il existera un petit crotté-borné sans doute pour expédier ce texte à l’Office de la Langue française!

Je voudrais bien qu’un fon-fon de l’Office vienne enquêter sur la politique linguistique ici! Oh là là… on se paierait un méchant party. L’Office de la langue française n’aurait aucune prise sur ma détermination à poursuivre et mettre de l’avant un bilinguisme intégral. Quand les constituantes d’un Peuple ont besoin d’une béquille comme la Loi 101 pour assurer leur dignité et leur avenir, il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur les capacités de ce peuple et son mérite à survivre.

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