Le vrai du faux: Un film à voir… pour vrai!

Photo de Thomas Gallenne
Par Thomas Gallenne
Le vrai du faux: Un film à voir… pour vrai!

Comme de nombreux spectateurs, j’avais vu le dernier film d’Émile Gaudreault De père en flic, qui ne m’avait pas laissé un souvenir mémorable.Une comédie pour l’été, ok. Même la bande-annonce de son dernier film ne m’avait pas mis dans un état d’excitation au point d’attendre le film avec impatience. C’est donc sans aucun préjugé ni aucune attente que je me suis pointé à l’avant-première de son dernier film mardi dernier au cinéma St-Jérôme, dans la salle Denys-Arcand, conjoint de la productrice du film Denise Robert. Faut le faire!

Je l’avoue tout de suite, mon appréciation pour un film dépend en partie de mon humeur du moment. Fatigué de ma journée, j’y suis allé un peu à reculons. Le film avait une côte à monter. Savez-vous quoi? Ce long métrage m’a tout simplement transporté pendant 1 h 30.

Drôle, sensible, touchant, fin, intelligent, n’en jetez-plus, la cour est pleine! Première révélation pour moi: Mathieu Quesnel. Une belle découverte et quel jeu pour nous faire vivre cette gamme d’émotion, passant du rire au gros moton dans la gorge. Il donne la répartie à un Stéphane Rousseau juste, sensible, touchant et drôle lui aussi. Et que dire de la grande qualité des acteurs, qu’ils soient en second rôle ou en rôle de soutien, tout le monde est juste et participe à la qualité de ce film.

Ensuite le propos du film. Bien que le personnage principal soit un vétéran de l’Afghanistan, le sujet tourne autour de ce que peut être la vie des anciens soldats, de retour dans leur vie d’avant. Mais quelle vie? Sans faire la morale, le réalisateur nous amène sur plusieurs niveaux de réflexion: les vétérans qui souffrent de l’état de stress post-traumatique (ÉSPT), reçoivent-ils toute l’aide dont ils ont besoin? Les comprend-t-on? Les écoute-t-on même? Ceux qui ont des problèmes (entre les deux oreilles), ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit.

Un autre personnage du film, est sans contredit le lieu où tout va se jouer: Thetford Mines, rebaptisé Thelor Mines pour ne pas stigmatiser les Thetfordois(es). Des paysages spectaculaires avec ses trous béants et ses immenses terrils, font échos de manière intelligente et magistrale au propos: le vide après la dévastation. Une nature dévastée par l’avidité de l’homme pour les matières premières. Des hommes dévastés par la folie meurtrière de la guerre. Avec un dernier plan choc sur une autre exploitation d’envergure de matières premières… sans vous dévoiler de quoi il s’agit. Des images s’étalant sur écran géant, qui frappent l’imaginaire.

Bref, un film qui nous surprend là où l’on s’y attend le moins, composé de personnages aux rôles inversés (qui sont les plus perturbés dans l’histoire?), et soutenu par un propos intelligent, un jeu d’acteurs juste et sensible, nous balançant du rire à l’émotion.

À voir absolument.

**** ****

Le vrai du faux

Comédie dramatique, de Émile Gaudreault

| 2014 | Canada.

Avec: Stéphane Rousseau, Mathieu Quesnel, Julie Le Breton, Guylaine Tremblay, Normand D’Amour, Charles-Alexandre Dubé, Sonia Vachon, Catherine de Léan, Marie-Ève Milot.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de