L’économie régionale sous l’œil d’un comité aviseur

Par Nathalie Deraspe

Le ministre fédéral du Travail et du Développement économique, Jean-Pierre Blackburn, était de passage à Saint-Jérôme pour annoncer la création d’un comité aviseur qui conseillera l’Agence en matière d’économie régionale. «Je pense qu’on va se faire pousser dans le dos», a déclaré le ministre.

Cette annonce fait suite à une série de mesures mises en place pour stimuler l’économie des régions à faible croissance économique, tout comme l’ensemble des PME de la province. Sept régions sur 14 sont visées par ce processus.

Bien que les Laurentides ne souffrent pas de dépopulation ou de crise grave du point de vue économique, le boom démographique qui prévaut depuis nombre d’années exerce une pression accrue sur tous les secteurs d’activités. D’entre toutes, la région est celle qui possède le plus de créneaux d’excellence.
«Nous avons un pied dans la haute technologie et l’autre dans la terre ferme», a lancé le président du comité naissant Laval-Laurentides-Lanaudière. Président de Bio-K International, Claude Chevalier a affirmé qu’il faudra travailler en proximité pour en arriver à des résultats probants.
«Au lieu de voir nos entrepreneurs s’adapter aux outils qu’on met en place, il faut au contraire, trouver un moyen d’adapter les outils aux entrepreneurs» a déclaré le ministre lors de son allocution. Vantant la mise en place des fonds capital-risque pour le démarrage d’entreprises et la relève ainsi que le populaire fonds de l’initiative de diversification économique des collectivités (IDEC-VITALITÉ), le ministre a indiqué que les 200M$ injectés dans ce processus fouettera l’entrepreneurship local. «Et pas question de couleur politique», a-t-il insisté.

Martin Camirand, nouveau député de Prévost au sein de l’ADQ, estime qu’il s’agit d’une belle ouverture de la part du gouvernement fédéral envers les régions. «On va voir après un premier tour de roue ce que ça va donner comme résultats. Mais en voyant cette brochette de gens, on constate qu’on n’a pas juste créé un comité pour créer un comité. Et les régions, il ne faut pas juste en parler comme on l’a fait lors des deux dernières élections, il faut agir», a-t-il commenté.

La hache ailleurs

M. Blackburn a profité de sa tribune pour annoncer qu’après 15 mois de gouvernance et après avoir vu passer sous ses yeux tous les dossiers, «il y a des décisions à prendre». Désormais, les colloques, forums et autres galas de performance ne pourront plus bénéficier des subsides du gouvernement fédéral. Pas plus que la recherche pure, qui sera écartée des subventions au détriment de la recherche appliquée avec transfert technologique. Les organismes économiques à but non lucratif ne sont pas au bout de leur peine. Eux qui parfois, pouvaient songer à régler près de 70% de leur enveloppe budgétaire par une aide gouvernementale, devront dorénavant trouver de nouvelles sources de financement s’ils veulent survivre. «Ça prend des résultats et des résultats à atteindre», de dire le ministre, qui dénonçait le fait que plusieurs de ces organismes quémandaient de l’aide d’Ottawa depuis plus de 20 ans sans jamais avoir réussi à défrayer leurs coûts de fonctionnement et le salaire de leurs employés.

Le nouveau comité aviseur rencontrera le ministre une fois l’an pour lui faire part de ses recommandations. Outre le président de Bio-K international et le président de la SACD d’Autray-Joliette et représentant pour Laurentides-Lanaudière, Pierre Marois, le comité compte dans ses rangs le directeur général du Centre d’expérimentation des véhicules électriques du Québec, Pierre Lavallée, ce qui constitue certainement une ouverture du point de vue environnemental, de la part d’un gouvernement qui mésestime le protocole de Kyoto.

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