L’éducation et la sensibilisation, au cœur des préoccupations

par Ève Ménard
L’éducation et la sensibilisation, au cœur des préoccupations
Dr Sébastien Poulin, microbiologiste-infectiologue. (Photo : Courtoisie )

Journée mondiale de lutte contre le SIDA

Le 1er décembre prochain, il s’agira de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, qui existe depuis maintenant 1988. Bien que de nombreux progrès aient été réalisés, cette maladie demeure un problème. Selon les données de la santé publique des Laurentides, il y a toujours une dizaine de nouveaux diagnostics de VIH dans la région, chaque année.

 

Un enjeu social

Heureusement, avec les traitements actuels, quelqu’un qui a le diagnostic du VIH peut avoir une espérance de vie normale ou près d’être normale, souligne le Dr Sébastien Poulin, microbiologiste-infectiologue travaillant au CISSS des Laurentides. Pour lui, le principal problème, de nos jours, relève des préjugés, de la peur et de la stigmatisation qui continuent d’entourer les personnes vivant avec le VIH. « C’est comme n’importe quoi; si on n’en parle jamais, il va y avoir de la désinformation. Alors que si on en parle publiquement, cela permettra de réduire la peur. » D’ailleurs, le message « i = i », qui signifie « indétectable = intransmissible », en est un très important à véhiculer. C’est-à-dire que lorsqu’une personne est traitée correctement, il n’y a absolument aucun risque de transmission de VIH même lors de relations sexuelles non-protégées, m’explique le Dr Poulin.

Un autre élément important à aborder est l’existence de la PrEP, un moyen de prévention efficace contre la transmission du VIH. Il s’agit d’une pilule à prendre une fois par jour. « Ce n’est pas tout le monde qui est au courant de la PrEP, surtout dans les Laurentides. Quand on parle de l’île de Montréal, dans la communauté gaie, c’est bien connu, mais quand on va dans les régions, c’est le contraire. Je trouve ça malheureux. »

Un besoin pressant d’éducation

Récemment, le microbiologiste-infectiologue a diagnostiqué un jeune homme. « Je dirais que ce qui me surprend, c’est le manque de connaissance général sur le VIH et le SIDA des jeunes hommes. », m’explique-t-il. Justement, quand est-il de son opinion au sujet de l’éducation sexuelle dans les écoles? Sa réponse est immédiate: « C’est un grand manque. On a eu un laisser-aller dans la dernière décennie. Ce n’est pas en se mettant la tête dans le sable que ça va se régler, il faut en parler. Même chose pour la communauté LGBT. S’ils n’apprennent pas ça en jeune âge, et qu’ils l’apprennent d’eux-mêmes, c’est là que les problèmes surviennent. »

Sébastien Poulin travaille au CISSS des Laurentides, mais aussi à la clinique I.D. spécialisée en VIH, hépatites virales, ITSS et PrEP ouverte depuis 3 ans dans les locaux de la Polyclinique de Saint-Jérôme près de l’hôpital. « Notre objectif est d’offrir une alternative pour les gens vivant avec le VIH dans les Laurentides. » En effet, pratiquant depuis 2015 dans la région, le Docteur a pu dresser un portrait de la situation actuelle: « Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise d’être suivi à l’hôpital, ils aimeraient avoir des endroits plus discrets pour être traité. Aussi, il y a beaucoup de monde dans les Laurentides qui croient que le suivi pour le VIH doit être fait à Montréal. Ce n’est pas vrai et je trouve ça malheureux. C’est pour ça qu’on a ouvert une clinique I.D. », souligne notamment Sébastien Poulin.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de