L’épaule Ahmarani à la roue

Par Nathalie Deraspe
L’épaule Ahmarani à la roue

Solidarité Laurentides Amérique Centrale

Pour Marcel Gosselin, président de SLAM, le gouvernement accuse un sérieux retard dans l’aide aux pays défavorisés et devrait s’engager au plus tôt à augmenter l’enveloppe dédiée au développement international.

De la désolation morale et du goût du suicide, Paul Ahmarani passe à la célébration de la vie. Nouvellement papa, le comédien qui triomphe dans Congorama pousse quelques vers qui dérangent et remuent, se porte à la défense de la traite des femmes et salue la solidarité internationale.

Malgré un horaire chargé par les tournées de promotion et deux nouvelles venues qui le tiennent éveillé la nuit, Paul Ahmarani n’a pu refuser l’invitation de Solidarité Laurentides Amérique Centrale (SLAM), qui vient souligner les 10e Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI).

Et qui de mieux que le comédien fétiche de Philippe Falardeau pour présider ces Journées, lui qui sort d’un tournage où l’intrigue baptise dans une même eau belges, congolais et québécois?
«J’ai été personnellement interpellé par ce qui se passe au Guatemala grâce à des gens qui ont participé à des projets là-bas. Ils m’ont convaincu de l’importance du travail des organismes non-gouverrnentaux (ONG). Au Guatemala, les accords de libre-échange servent bien plus à bâillonner les citoyens qu’autre chose. Nos compagnies contribuent, sous le couvert du développement, à poursuivre une attitude post-coloniale qui n’a rien à voir avec les intérêts citoyens. Ailleurs c’est la même chose, poursuit le comédien-chanteur. On ne me fera pas croire que c’est pour sauver des femmes encagées dans leur burqa qu’on est en Afghanistan. Ça, c’est de la propagande. On n’intervient pas pour défendre les droits humains mais pour des raisons économiques, pour contrôler certaines zones géo-politiques. En fait, on confond la solidarité internationale et intervention militaire.»

Même s’il estime que des gains ont été observés au fil des ans, Marcel Gosselin, président de SLAM considère qu’il reste encore beaucoup de pain sur la planche: «Si la mortalité infantile a connu une diminution, que certains pays ont noté un recul de la pauvreté, il reste que dans bien des cas, les souffrances sont énormes.»

M. Gosselin a profité de l’occasion pour souligner que son organisme s’implique auprès des populations d’Amérique centrale depuis maintenant 22 ans. «C’est précieux qu’il y ait des lieux de réflexion mais qui permettent également aux gens d’agir et de réagir face aux événements. Paraphrasant les propos de Ricardo Petrella, le président de SLAM a déclaré en concluant qu’il faut cesser d’avoir un discours selon lequel la compétitivité a un effet rassembleur. Seules la justice et la solidarité peuvent construire un monde équitable.»

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