Les algues bleu-vert relancent le cauchemar des riverains et touristes

Par Nathalie Deraspe

» À pareille date l’an dernier, le lac des îles, situé à Saint-Aimé-des-Îles, à deux pas de Mont-Laurier, connaissait sa première éclosion de cyanobactéries. Ce «bloom» a affecté la tranquillité des quelques 300 riverains qui habitent le pourtour du lac.

La chaude saison est à peine commencée que plusieurs municipalités sont aux prises avec des cyanobactéries. L’été s’annonce long.

La municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs attend toujours l’analyse de toxicité pour le lac St-Amour, dont l’échantillonnage capté en mai décelait des traces de cyanobactéries. Ce petit plan d’eau d’un demi-kilomètre carré est cerclé d’une vingtaine de résidences tout au plus, mais les inquiétudes continuent de planer quant aux 27 autres lacs situés sur le territoire de la municipalité.

Plus au nord, le lac des Îles est à nouveau frappé par ces algues maudites qui avait fait damner les résidents de Mont-Laurier et des environs l’été dernier. Un branle-bas de combat s’était amorcé entre les membres de l’association du lac et une liste impressionnante d’intervenants afin d’informer au maximum les citoyens de la situation au jour le jour. À défaut d’une solution, ceux-ci ont décidé de faire de leur mieux pour répondre à ce type d’urgence. Outre le lac des Îles, les lac Menon et Pope sont également affectés par la bactérie, tout comme le lac Paquet de Rivière Rouge. Des avis publics ont été émis dans l’ensemble des municipalités atteintes. Pour l’instant, la direction de la santé publique n’interdit pas la baignade, mais il faut éviter de plonger à même cette masse verdâtre.

Le gouvernement investit

Par ailleurs, on se rappellera que le gouvernement Charest a décidé de développer un plan d’action concerté sur la gestion de la prolifération des algues bleu-vert au Québec, mais nous savons encore peu de choses quant à son application. «Une grosse part ira aux agences de bassins versants, comme Abrinord, soutient la directrice adjointe du Conseil en environnement des Laurentides (CRELA), Anne Léger. Là où il n’y a pas d’agence, les montants seront fort probablement administrés par la Conférence régionale des élus.»

Selon le CRELA, le nombre de signalements de cyanobactéries ira en s’accroissant, «ne serait-ce que parce que les gens savent de quoi il s’agit, explique à nouveau Mme Léger. Présentement, il y a une psychose, mais il ne faut pas être trop alarmistes.»

Il n’empêche, la saison est à peine commencée et les Laurentides ont déjà été victimes de 7 éclosions d’algues bleu-vert, sur un total de 12 à l’échelle de la province. Pour le moment, la gestion de ce dossier se fait à partir du bureau régional du ministère du Développement durable, de l’environnement et des parcs (MDDEP) situé à Sainte-Thérèse. Reste à savoir s’il n’y aurait pas lieu d’ouvrir un autre comptoir de services plus au nord, ce qui contribuerait à réduire les déplacements et augmenter l’efficacité du personnel en place.
À noter…

Le nom de l’algue bleu-vert, qu’on appelle maintenant cyanobactérie, vient de la phycocyanine, un pigment bleu, qui, de pair avec la chlorophylle, lui donnent son apparence bleu-vert.

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