Les coccinelles dans nos maisons

Par Étienne Robidoux
Les coccinelles dans nos maisons

Sur les réseaux sociaux, un résident de Saint-Sauveur aux prises avec des dizaines de coccinelles sur les murs de sa maison a fait appel aux internautes pour se débarrasser de cet insecte indésirable. La coccinelle asiatique, une espèce exotique et envahissante, aurait pris le dessus sur les espèces indigènes, selon un entomologiste.

Il y a quelques semaines, Colin Favret et son collègue parisien Romain Nattier se sont aventurés dans les Laurentides pour chercher des coccinelles pendant quatre jours dans les Laurentides. Au désarroi des deux entomologistes, la seule espèce que les deux hommes ont repérée est la coccinelle asiatique, une espèce exotique et envahissante.

Cette espèce semble dominer toutes les autres, observe Colin Favret, professeur d’entomologie à l’Université de Montréal. Même si le Québec compte plusieurs dizaines d’espèces de coccinelles indigènes, les deux hommes ont majoritairement trouvé des coccinelles asiatiques à Montréal.

La coccinelle asiatique a été introduite à plusieurs reprises au cours du vingtième siècle. C’est en 1988 que des populations ont été définitivement établies, en Amérique du Nord, en Louisiane, explique M. Favret.

Les coccinelles mangent à la fois des espèces de pucerons nuisibles et d’autres qui ne sont pas ravageuses. « Les introductions de coccinelle exotique ont été faites précisément pour contrer les pucerons ravageurs dans les champs », précise l’entomologiste.

Plus nombreux, ces insectes rouges et noirs ?

La température de plus en plus clémente accroit le nombre de coccinelles, affirme M. Favret. « Surtout avec les hivers plus doux, les coccinelles peuvent hiverner et survivre en plus grand nombre chaque année ». Le printemps précoce et l’automne doux favoriserait également l’augmentation de la population de pucerons et, par conséquent, celle des coccinelles. L’espèce asiatique peut présenter différentes sortes de couleur ou de point d’une coccinelle à l’autre. On la reconnait toutefois par une marque sur son thorax, qui forme un « M » entre la tête et l’abdomen.

Et l’hiver ?

Contrairement aux espèces indigènes qui peuvent hiverner au creux des falaises ou en forme d’œuf, les coccinelles asiatiques résistent moins bien à l’hiver. « Elle est capable d’hiverner dans un certain sens, puisqu’elle va trouver des endroits qui sont protégés des températures basses d’hiver, comme à l’intérieur des maisons. » C’est pourquoi elle cherche à passer l’hiver dans nos chaudes demeures.

Pour éviter une invasion de coccinelles, M. Favret recommande de sceller ses portes et ses fenêtres.

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