Les hystériques

Par Stephane Gendron

Depuis des semaines, Quebecor s’en prend aux cols bleus et aux contracteurs privés affectés aux opérations de dénei­gement à Montréal et un peu partout en province. Démagogie de première ligne et ignorance colportée à outrance. La nouvelle la plus récente ce matin: une hystérique téléphone à l’Hôtel de Ville de Laval pour signaler que SA rue a été oubliée dans le cadre de l’opération de déneigement… Puis, l’hysté­rique en question menace de téléphoner à toutes les heures tant et aussi longtemps qu’elle ne saura pas quand SA rue sera dé­neigée. Un autre exemple de «crying baby» mal léchée. Le préposé lui dit qu’il portera plainte pour harcèlement. Il a tout à fait raison. Il faut remettre à sa place ce genre de personne imbécile.

Mais ce n’est pas tout! Au début de la saison, on se plaignait que le déneigement était trop lent. Puis dans les derniers jours, on se plaint que les opérations vont trop rapidement! Puis, il y a ces connards qui voudraient une rue sur l’asphalte et des trottoirs sur le ciment… en plein hiver! Ou ceux qui sont démontés de constater qu’après une tempête de neige, les routes ne soient pas «Spic & Span». Dans le jargon des politiciens derrière les portes closes, on qualifie ce genre d’individus de débiles à temps partiel. Alors pour toutes ces bonnes gens qui n’ont d’autre chose à faire que de chialer en regardant passer la charrue, il faut bien comprendre que nous en sommes à notre premier hiver depuis 10 ans. Nous approchons les 4 mètres de neige à ce jour, ce qui représente environ 12 pieds. Puis, les changements climatiques brusques constituent un défi nouveau et inédit: variation de température de 20 à 30 degrés en l’espace de 24 heures, pluie, grésil, verglas, neige, forts vents, glace….

Mais – certains diront que dans l’temps (années 70) on déneigeait plus efficacement. Faux. À l’époque, le parc automobile était deux fois moins important qu’au­jourd’hui. Ainsi, en 2006, le Québec comptait 5 402 353 véhicules en circulation et 4 841 176 permis de conduire. Ces statistiques progressent d’environ 2% annuellement. Et toujours sur le même territoire! Or, il est normal qu’avec de telles conditions, on ait l’impression que le déneigement soit moins efficace qu’à l’époque. Partout au Québec, le taux moyen de véhicules par tranche de 100 habitants a fortement progressé. Simplement entre 2005 et 2006, le taux est passé de 58 à 61. Donc beaucoup d’obstacles aux opérations de déneigement – toujours sur un même territoire donné. Et nous n’avons même pas abordé la question des coûts. Une question complètement astronomique qui relève de la juridiction municipale. Qui voudra assumer une hausse de taxes pour combler un déficit relié au déneigement parce que l’on veut des rues estivales en hiver? Saviez-vous qu’un seul camion destiné au chargement de la neige coûte environ 100$ l’heure? Moi, je ne tolère pas la critique inutile et imbécile. Je préfère la critique constructive. J’opte donc plutôt pour le respect du travail des cols bleus et des contractants. Récemment, nous étions – à Huntingdon – harcelés par un petit groupe de personnes qui s’étonnaient de voir que la neige avait rendu les rues plus étroites. Puis ce fut l’étonnement que les trottoirs ne soient pas à béton découvert. Puis l’éton­nement que l’on souffle la neige sur leurs beaux terrains… On la met où la neige? Dans nos culottes? Pensez aussi un peu à ce désaxé de Québec qui – la semaine dernière – a fait la une du Journal MédiaMatinQuébec parce qu’il faisait retirer la neige de son terrain par camions 10-roues pour être le premier à retrouver sa pelouse au printemps. Vite à Robert-Giffard! Ça presse! Pas compliqué: j’ai écrit une circulaire intitulé «Le Syndrome de la Plainte» et j’ai invité les plaignards à se doter d’un billet pour le Mexique, en attendant que l’hiver passe. Manque de respect? Au contraire. Le leadership doit s’exercer non pas dans la complaisance mais dans la réalité. Certaines personnes – les «crying babies» – doivent être ramenées à l’ordre lorsqu’elles contribuent à pourrir le tissu social au nom de leur propre égoïsme. Ce cancer généralisé que représentent les «crying babies» est malheureusement étendu à l’ensemble de la province. Phénomène évidemment qui plaît au journalisme jaune de Quebecor. Je ne serai pas ré-élu en 2009? On s’en fiche comme l’an quarante!

Bon Hiver à tous!

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