Les Laurentides sont-ils à risque des feux de forêts ?

Par Marie-Catherine Goudreau
Les Laurentides sont-ils à risque des feux de forêts ?
(Photo : Facebook SOPFEU)

La SOPFEU a déployé cette semaine le plus grand contingent de pompiers forestiers hors Québec. Les feux continuent de brûler les forêts de l’Ouest canadien, le smog a couvert le ciel bleu durant les dernières semaines et le GIEC a émis un rapport alarmant sur les changements climatiques. La région des Laurentides fera-t-elle exception à ces incendies ? 

« Si on compare avec le reste du Québec, les Laurentides n’ont pas les forêts les plus à risque », nous explique Mélanie Morin, agente à la prévention et aux communications à la Société de protection des forêts contre les feux (SOPFEU). Le territoire des Laurentides est composé de forêts mixtes : un mélange de conifères et de feuillus. Il est plus probable qu’un feu se déclenche dans les forêts de conifères, comme les aiguilles et les petits arbustes sont des éléments qui brûlent très rapidement, souligne Mme Morin. « C’est pour-quoi on voit les grands feux souvent dans le nord du Québec, dans la forêt boréale. »  Dans les Laurentides, on a la chance d’avoir beaucoup de feuillus, qui sont beaucoup plus difficiles à bruler. « On fait juste penser à mettre une allumette en-dessous d’une aiguille de pin versus une feuille verte. Les aiguilles de pins vont prendre en feu plus rapidement », illustre Mélanie Morin. Les peuplements mélangés peuvent même agir comme coupe-feu, puisque le feu va se calmer lorsqu’il atteint les feuillus.

75% des feux de forêts sont causés par des activités humaines.

Feux de surface

Par contre, les risques d’incendie dépendent du temps de l’année, prévient Mme Morin. « Dans le sud du Québec, on est habitué à l’humidité. Quand c’est très humide comme dans la dernière semaine, il n’y pas beaucoup de danger. » C’est au printemps et à l’automne que la menace augmente, lorsque toutes les feuilles se retrouvent au sol. « Après la fonte des neiges, les feuilles sèchent très rapidement et deviennent un combustible qui brûle facilement », poursuit-elle.

Cela causera ce qu’on appelle des feux de surface, qui sont différents comme ils ne montent pas à la cime des arbres, mais qui feront autant de dommages. « Il faut penser aussi que les Laurentides sont une région où l’on a un mélange de forêts et d’habitations. Avec sa population, si la région vivait des sécheresses, un feu de surface pourrait facilement se propager sur les habitations », affirme Mme Morin.

D’un côté, les feuillus rendent nos forêts moins à risque de bruler. Mais de l’autre, les feux de surface peuvent bouger très rapidement et peuvent mettre plus de résidences à risque que dans les endroits moins populeux. Cette année, la neige a fondu rapidement et il y a eu beaucoup de petits feux dans la région, explique Mme Morin. « Ce qu’on a remarqué, c’est que les saisons se suivent, mais ne ressemblent jamais. »

Nombre de feux de forêt par MRC durant les 20 dernières années :

  • Thérèse-de-Blainville : 4
  • Mirabel : 17
  • Deux-Montagnes : 39
  • Rivière-du-Nord : 119
  • Pays-d’en-Haut : 135
  • Argenteuil : 144
  • Laurentides : 273
  • Antoine-Labelle : 352
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