Les municipalités cherchent toujours une solution acceptable aux déchets

Par Eric-Olivier Dallard

Un comité inter-MRC est réuni en colloque aujourd’hui à Sainte-Agathe afin d’en apprendre davantage sur les différentes techniques de traitement des matières résiduelles.

Tout au long de la journée, conférenciers et chercheurs feront état des plus récentes technologies dans le domaine, telles le tri-compostage et la gazéification. Cette dernière technologie permet de réduire les émissions atmosphériques polluantes et les déchets solides, à condition qu’elle soit combinée à un programme de recyclage et de compostage. Celle-ci offrirait d’excellentes performances, aux niveaux technique, environnemental et économique, encore faut-il que le déchet traité soit homogène. De plus, pour conserver un rendement énergétique élevé, la matière première doit avoir des dimensions n’excédant pas 5 cm et un taux d’humidité normalement compris entre 15% à 20%. Il n’empêche, plusieurs lorgnent du côté de l’usine en construction dans la région de Sherbrooke et mise sur pied par Enerkem Technologies, qui vise à fabriquer de l’éthanol vert et autres diesels synthétiques.

Cible délicate

Conscientes de ne pouvoir réduire rapidement l’enfouissement de 65 % des déchets de la région tel que le suggère la Politique de gestion des matières résiduelles, les MRC des Laurentides, des Pays-d’en-Haut et cinq municipalités de La Rouge ont bon espoir de trouver à tout le moins une solution commune pour les années à venir. Le préfet de la MRC des Laurentides, Ronald Provost, est quant à lui convaincu que le compostage domestique et la collecte à trois voies ne permettront jamais d’atteindre la cible fixée par Québec. Jusqu’à tout récemment, le tri-compostage semblait faire l’unanimité chez les élus. Sa rentabilité exige toutefois de traiter une quantité im-pressionnante de déchets sur un seul et même site, ce qui implique du coup, une multiplication des bennes à ordure sur les routes et des trajets rallongés. Des technologies moins coûteuses sont apparues sur le marché mais aboutissent malgré tout à la même équation. Les déchets partiraient en direction du nord tandis que le recyclage continuerait d’a-boutir chez Tricentris, une usine de triage située à Lachute. En Outaouais, la ville de Gatineau a préféré tenter la collecte à trois voies. Une décision vient couper l’herbe sous le pied de ceux qui auraient souhaité impliquer cette région dans le projet laurentien. Les prochaines semaines seront déterminantes pour les élus, qui devront tôt ou tard passer à l’acte. De leur côté, les citoyens sont de plus en plus nombreux à se demander pourquoi Québec tarde tant à légiférer sur l’emballage, ce qui permettrait de réduire à la source la quantité faramineuse de déchets produits annuellement.

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