Les Nanalystes du Super Mardi

Par Stephane Gendron

Les grandes «Nanalystes» féminines que l’on peut entendre ou lire au Québec n’en ont que pour Hillary. Wow Wow Wow ma cocotte! Enfin une Femme qui aura le pouvoir. Pour les «Nanalystes» du Québec, peu importe si la Femme est sans saveur et d’une platitude politique, qu’à cela ne tienne, il s’agit d’une Nana, c’est ce qui compte pour certaines journalistes ou commentatrices en mal de pouvoir féminin. Oui, elle est une femme. Et puis après? Est-ce que le sexe féminin donne des points de plus pour la Présidence américaine? À ce que je sache, le poste de Président des États-Unis n’est pas gagné sur un programme de discrimination positive ni sur un programme d’accès à l’égalité.

Entendu cette semaine sur les ondes du 98,5 FM, une Isabelle Maréchal complètement bouleversée de sa rencontre avec Hillary à New-York (et aussi bouleversée d’avoir eu à supporter le regard ténébreux du Grand Bill – On my GAWD !). Maréchal pousse même le ridicule à nous dire qu’avec Hillary, c’est au-delà du «We Can» et du «I can». Avec Hillary, c’est plus que cela. Hillary incarne le «She Can». “She! She! She! She!” Avec Hillary, c’est le SHE de la Femme qui va vaincre et gagner…Oh là là.! Quelle Nanalyste de fond cette Isabelle! Isabelle n’a rien compris. Mais Isabelle n’est pas seule. Elle a partagé cet enthousiasme avec Marie-Claude Lortie (La Presse) qui fait partie de ces journalistes québécois sur les traces du Super Tuesday au sud de la Frontière. Lortie y va d’une Nanalyse très poussée de la campagne de Clinton en la comparant à ces mères de famille qui ont l’ambition des choses bien «faittt». Pour Lortie, ces femmes-mères-de-famille qui font six choses en même temps se reconnaissent en Hillary. Pardon? Clinton à l’image de la mère de famille? Voulez-vous rire de moi, la Nana? Cette avocate ambitieuse n’a jamais fait six choses en même temps mais bien une seule: sa carrière. Elle qui gagnait plus que son mari et qui ne s’est pas plus occupée de sa fille qu’une autre femme ayant à cœur sa carrière en tout premier lieu. Le problème avec Hillary, c’est qu’elle est plate, carrément plate et n’a pas grand chose à dire. Son principal cheval de bataille sur la santé, elle l’a perdu lorsque son mari avait fait la gaffe de lui confier le dossier lors de son premier mandat. Hillary, c’est la femme qui change ses idées au gré du vent, comme sa position sur la Guerre en Irak et ses liens avec la Communauté juive. Quand cela fait son affaire, elle est propalestinienne mais quand vient le temps de courtiser des appuis, elle renie ses sympathies. Hillary est une carriériste politique et c’est normal lorsque l’on fait de la politique.

Hillary a pleuré deux fois devant les caméras, et la campagne présidentielle n’est pas commencée. Que fera-t-elle lorsqu’elle devra décider pour vrai? Hillary pourra-t-elle imprégner sa véritable marque alors qu’elle ne fait que recycler de vieux discours de Bill mis au goût du jour? Hillary fera-t-elle comme Ségolène – Bravitude – Royal en pleine campagne présidentielle où elle accumulait gaffe par dessus gaffe? Hillary n’a pas ce qu’il faut pour nager dans les vagues de la politique. Elle ne soulève rien ni même une ombre d’enthousiasme. Hillary est froide, distante, «as cold as ice», monocorde et sans saveur. Elle veut le pouvoir comme une maîtresse d’école des années 50.

Voilà pourquoi elle ne fait pas le poids contre aucun candidat crédible à la Maison Blanche, encore moins contre Obama qui a vite compris l’importance de la communication avec son auditoire.

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