Les nouveaux compteurs, je refuse… d’être ondophobe

Par Journal Accès

LETTRE OUVERTE

Lors de la dernière réunion du conseil de Val-Morin, plusieurs personnes ont demandé à nos élus de se prononcer au sujet d’un moratoire sur l’installation des nouveaux compteurs d’Hydro-Québec. Le maire a refusé d’engager la Ville dans ce dossier et je le comprends. Il a déjà assez de pain sur la planche pour ne pas s’immiscer dans un domaine aussi controversé.

 

Après avoir moi-même passé en revue une volumineuse documentation à ce sujet, je suis d’avis qu’un moratoire n’apportera aucune information pertinente, et j’ai accepté le nouveau compteur pour les raisons suivantes:

 

Les ondes électromagnétiques ne sont pas dommageables selon les études récentes faites par Santé Canada, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail en France (ANSES), et les agences de santé du Royaume-Uni, de la Suède et de la Norvège. Des groupes d’experts mandatés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Union Européenne, et la Commission internationale de protection contre le rayonnement ionisant (CIPRNI) arrivent à la même conclusion. Cette dernière analyse les études publiées et tient compte de leur qualité: nombre de participants, mesures complètes, présence d’un groupe témoin, puissance statistique des résultats, résultats confirmés ou non par d’autres essais, etc. De plus un groupe de 60 experts universitaires du Québec a récemment publié une lettre ouverte allant dans le même sens, de même que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec qui a émis un avis public en mars 2012.

 

Depuis une vingtaine d’années j’utilise personnellement – et je ne suis sûrement pas le seul, – un four à micro-ondes et des téléphones sans fil. À cela se sont ajoutés un téléphone cellulaire et un réseau Internet sans fil, et ma santé ne s’en porte pas plus mal. Or il est prouvé que tous ces appareils émettent un taux de radiation beaucoup plus élevé que les compteurs d’Hydro-Québec. L’ajout de cet instrument n’est pas un apport significatif aux autres appareils que j’ai déjà. Et si j’avais vraiment peur des ondes j’échangerais mon Wifi pour la fibre optique.

 

À l’argument invoqué quant au manque de sévérité des normes canadiennes, il faut savoir que même soumis aux normes les plus sévères dans le monde actuel, les compteurs sont encore bien en deçà des valeurs limites.

À l’époque d’internet, la vie nous est facilitée avec le nombre de renseignements disponibles rapidement et provenant de toutes les sources. Dans ce domaine technique aux manifestations invisibles, où le nombre de variables est à y perdre son latin(amplitude, fréquence, densité de puissance, temps d’exposition, puissance par poids corporel, etc.), il est facile pour bien des chercheurs de tout acabit de confondre les néophytes dans leurs rapports. J’aime mieux dans ces cas-là me fier aux organismes officiels et aux scientifiques payés par nos taxes.

 

L’électrosensibilité et l’électrosmog – deux néologismes inventés à la suite de témoignages de gens de bonne foi, aux prises avec différents malaises et qui ont toute ma sympathie, – ne sont pas des arguments suffisamment documentés et scientifiquement prouvés pour faire obstacle à tous ces nouveaux outils modernes. Il est possible que certaines personnes soient plus sensibles aux ondes comme d’autres le sont aux rayons du soleil (qui, soit dit en passant, émettent aussi des ondes, dans le spectre visible) ou aux perceptions extrasensorielles.  En outre le principe de précaution invoqué par certains ne repose pas sur des  inquiétudes ou des émotions, c’est une règle basée sur un danger bien défini et ne se fonde pas sur un risque zéro, selon les chercheurs.

 

L’effet négatif de l’accumulation des ondes n’a pas été prouvé, mais je suis convaincu que l’effet cumulatif des mauvaises nouvelles et des messages de danger affecte les gens de manière négative. Est-on en train de créer une espèce de psychose collective sur la foi de quelques recherches et témoignages émettant par leurs paroles et leurs écrits des ondes sonores négatives? Pour bien veiller à notre santé, il faut selon moi plutôt se concentrer sur les actions qui font consensus dans la communauté scientifique comme faire de l’exercice physique, avoir une bonne alimentation, arrêter de fumer, vivre en harmonie avec ses semblables, bref, acquérir de bonnes habitudes de vie, lesquelles ont été largement démontrées surtout depuis une décennie. 

Sur ce, je vous envoie à tous des ondes positives pour une heureuse année 2014.

Raymond Prudhomme, citoyen de Val-Morin

 

Références    

Compteurs intelligents: les craintes pour la santé sont injustifiées, selon 60 scientifiques, Le Devoir 24 mai 2012.

www.protegez-vous.ca/maison-et-environnement/ondes-radiofrequences

www.huffingtonpost.fr/2013/05/06/effet-nocebo-croire-fausse-maladie-pourrait-la-provoquer-selon-chercheurs-allemands_ n_3224250.html?view=print

 

Avis de santé publique – Les compteurs d’électricité de nouvelle génération présentent-ils un risque pour la santé? 16 mars 2012, MSSSQ.

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