Les organismes communautaires réfléchissent

Par Nathalie Deraspe

Le Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL) a réuni près 75 personnes à Piedmont pour discuter de la question des finances publiques du Québec et mesurer les impacts des hausses de tarifs adoptées et à venir. 

 

Le but de l’exercice était d’établir, chiffres à l’appui, l’état réel de la situation. Pour ce faire, l’organisme avait invité Sébastien Ricard, du Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM), et Josette Cattelier, de L’R des centres des femmes du Québec, tous deux membres de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics.

De plus en plus, les discours sur les finances publiques se font alarmistes. Pour résoudre le problème, on brandit une série de mesures qui risque de faire mal à la classe moyenne. Augmentation de la TVQ, des tarifs d’Hydro-Québec, des frais de scolarité, des services de santé facturés en plus d’une nouvelle taxe à la santé, dont un premier versement de 25$ entre en vigueur en janvier prochain pour s’établir à 200$ dans trois ans, les Québécois auront à supporter le poids de la dette et en payer le prix. Mais la question demeure entière: Entre le gouvernement, les syndicats, les partis politiques, le mouvement social et communautaire, l’Institut économique de Montréal, le professeur Lauzon et les Lucides, qui dit vrai?

 

Des solutions au déficit

Le déficit appréhendé se chiffrerait à 5 milliards de dollars. Notre planche de salut, diminuer la quantité de services publics disponibles, privatiser le plus possible, tout en haussant les tarifs et en comprimant au maximum les dépenses destinées aux programmes sociaux. Le gouvernement Charest entend retrancher 730 M$ sur trois ans en santé et affirme que les soins n’en seront pas affectés. 

Mais nos choix politiques y sont pour quelque chose. En optant pour des baisses d’impôt, l’État québécois s’est privé d’un montant équivalent au gouffre actuel. Les organismes communautaires dénoncent aussi le fait que les entreprises ne contribuent qu’à hauteur de 40% pour soutenir les coffres du gouvernement tandis que la population doit en assumer le reste. Il n’y a encore pas si longtemps, les choses étaient inversées. «On se rend compte que le gouvernement fait ses propres choix sans se préoccuper d’aller chercher l’argent où il est, soutient Linda Déry, coordonnatrice du ROCL. Dans la population, on sent davantage d’indignation que d’adaptation.»

Les membres de la Coalition affirment détenir des solutions de rechange qui pourraient rapporter entre 5 à10 G$ par année dans les goussets de l’État. En plus d’une fiscalité plus équitable, l’organisme suggère notamment de freiner l’évasion fiscale, d’abolir certaines exemptions, d’introduire une TVQ progressive en fonction de la nature des biens achetés et de lutter contre la corruption dans l’attribution des contrats gouvernementaux.

La Coalition, fondée en janvier dernier, continue d’obtenir des appuis de la part de la population. Une manifestation nationale pour dénoncer les hausses de tarifs aura lieu en mars prochain.

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