Les saisies de maisons continuent de se multiplier dans les Laurentides

Par Nathalie Deraspe

Alors que la Banque du Canada vient de hausser son taux directeur pour une troisième fois consécutive depuis juin dernier et que l’on apprend que les travailleurs vivent d’un chèque de paie à l’autre, les saisies de maisons demeurent extrêmement élevées dans les Laurentides. Hécatombe en vue?

Alors que toutes les régions du Québec ont connu une baisse des délaissements immobiliers depuis les 6 derniers mois, les Laurentides en accusent autant pour la même période. Pas moins de 25% des résidences saisies au Québec sont situées dans les Laurentides. Il s’agit d’un triste record jamais inégalé.

Le président de GDL Crédit Ressource Québec inc., Daniel Langlois, compile des statistiques sur chacune des régions du Québec depuis janvier 2006.

Il s’explique mal le phénomène. «Les Laurentides ont toujours été dans une position précaire, mais là, la situation s’améliore partout sauf chez vous.»

Celui-ci précise que la région Laval-Laurentides couvre un territoire immensément vaste et compte quatre bureaux d’enregistrements qui figurent parmi les plus imposants de la province. Mais cette donnée à elle seule ne justifie pas tout. Et si on avait les yeux plus grands que la panse? «C’est fort possible», lance Daniel Langlois en guise d’explication.

Trois fois plus de saisies en trois ans

En comparant les données de janvier 2007 et de janvier 2009 pour la région des Laurentides, on constate que le nombre de saisies s’est multiplié par trois en trois ans. En janvier 2009, notre région affichait deux fois plus de saisies qu’en Montérégie, classée deuxième au niveau des délaissements de propriété.

Depuis, les choses ne se sont guère améliorées. En août, GDL Crédit Ressource Québec inc. a noté une diminution du nombre de saisies au Québec de l’ordre de12,7% comparé à la même période l’an dernier. Dans Laval-Laurentides, les saisies passaient de 206 à 194. Une baisse à peine notable. Qui plus est, la moyenne des soldes hypothécaires pour la région est de 230 653$, comparativement à 293 744 pour Montréal, tandis qu’elle est de 169 324$ pour la moyenne provinciale.

Non seulement la région obtient la palme en matière de résidences saisies, mais celles-ci semblent être beaucoup plus cossues que celles qui figurent dans le reste de la province. Daniel Langlois ne prévoit pas d’embellie dans les mois à venir, bien au contraire. Celui-ci rappelle notamment qu’il n’est désormais plus possible d’obtenir un refinancement de sa propriété à 100% et qu’il ne faudra plus compter sur des taux d’intérêt à la baisse.

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