Les spécialistes sonnent l’alarme

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Les spécialistes sonnent l’alarme

Cigarette électronique 

De plus en plus populaire, la cigarette électronique demeure un produit potentiellement dangereux disent les experts.

Il y a quatre ou cinq ans maintenant, un nouveau produit faisait son apparition sur le marché. Vendue majoritairement dans les dépanneurs de la province, la cigarette électronique a vu récemment son nombre d’acheteurs augmenter. Bien que seule la version de la cigarette électronique ne contenant pas de nicotine soit légale au Canada, sa vente ne bénéficie d’aucun encadrement du gouvernement.

«Depuis les dix-huit derniers mois environ, la majorité des grandes compagnies de tabac ont racheté des fabricants de cigarettes électroniques et ont mis en branle une gigantesque stratégie marketing pour séduire le public. Elles comprennent bien que c’est à la même clientèle cible qu’elles s’adressent. Et comme par hasard, les ventes ont augmenté dans les derniers mois. Pourtant, ça demeure un produit qui n’est pas homologué par Santé Canada», explique David B. Lefebvre, porte-parole pour le Conseil québécois sur le tabac et la santé.

En effet, si elle est parfois présentée comme un produit pouvant aider les fumeurs à écraser, elle demeure en vente libre et accessible à tous, même aux mineurs, et n’est appuyée par aucune étude sérieuse prouvant son efficacité.

 

«Notre plus grande crainte, c’est que la cigarette électronique devienne un produit de passage vers la cigarette régulière. De plus en plus de gens l’achète, notamment les jeunes, pour le côté ”cool” de la chose. Et elle n’est pas assujettie aux mêmes règlements que le tabac. On peut la fumer partout», poursuit M. Lefebvre.

 

Pour la docteure Claire Jutras, médecin-conseil à la Direction de santé publique des Laurentides, le danger réside également dans sa fabrication.«Les cigarettes électroniques sont pour la plupart fabriquées en Chine où le contrôle de la qualité est moindre, voire inexistant. On nous dit que celles vendues ici ne contiennent pas de nicotine mais dans les faits, on en a aucune preuve, ni de ce qu’elles peuvent contenir d’autres d’ailleurs. »

Effet contraire

La Direction de santé publique craint également que ce nouvel engouement vienne contrer la lutte au tabagisme.

 

«En ce moment, nous pensons que la

cigarette électronique sert beaucoup  plus à attirer les gens vers la cigarette en général. Ce phénomène est en train d’amoindrir les efforts qu’on a fait jusqu’à maintenant pour aider les gens à arrêter de fumer depuis les années 1980. Évidemment, nous ne serions jamais contre un produit qui aide réellement les gens à cesser de fumer mais si c’est bien sa raison d’exister, il faut l’encadrer, au même titre que les autres produits de cette catégorie», affirme Dre Jutras.

 

Plus de cancer du poumon dans les Laurentides

Le taux de nouveaux cas de cancer du poumon dans la région est plus élevé qu’au Québec, avec un taux de 105,8 pour 100 000 habitants, comparativement à 87,6 pour l’ensemble de la province.

 

Le tabac est responsable à lui seul de 85% de tous les cancers du poumon, et de 25% des décès annuels au Québec.

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