L’étoile qui brille dans le monde de la musique!

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Par Martine Laval
L’étoile qui brille dans le monde de la musique!

Maestro Yannick Nézet-Séguin

Fallait-il être déterminée à partager avec nos lecteurs ce que le Festival des Arts de Saint-Sauveur a de plus beau à présenter à son public pour tenter d’attraper au vol l’une des plus brillantes étoiles du firmament de la musique classique? En attendant de la voir briller au milieu des siens et d’entendre la beauté des interprétations musicales profondément senties qu’ils feront des œuvres grandioses au programme, voici l’honorable entretien « longue distance » avec notre maestro québécois Yannick Nézet-Séguin, alors qu’il était en Allemagne à enregistrer Les Noces de Figaro de Mozart avec le Chamber Orchestra of Europe.

Vous arrive-t-il de diriger un orchestre sur une musique qui ne vous allume pas intérieurement? Et si oui, comment faites-vous alors pour passer la passion à vos musiciens, vous qui êtes reconnu pour faire ressortir l’immense beauté de la musique et la qualité d’expression collective de votre orchestre?

Oui, il arrive que certaines musiques ne soient pas a priori mes préférées, mais quand on est directeur musical d’un orchestre, ou de plusieurs, on a la responsabilité de représenter tout l’ensemble du répertoire. J’essaie donc de toujours garder une grande ouverture d’esprit et de continuer de cultiver des goûts assez éclectiques pour ne pas nous couper des musiques que j’aime moins. C’est comme ça que des compositeurs ou des œuvres en sont venus à me gagner, alors qu’initialement ils me touchaient moins.

C’est vrai que si on n’aime pas une œuvre, on ne peut pas la diriger et en passer la passion aux musiciens, c’est malhonnête même. Je tente alors de  découvrir ce qu’il y a de beau et de l’étendre à toute la pièce ou à l’œuvre du compositeur pour faire en sorte que je vais aimer, apprécier et avoir du plaisir à diriger la pièce.

Que demandez-vous de vos musiciens lorsque vous les avez sous votre « baguette » – considérant que vous travaillez dans plusieurs pays et que la langue et l’expression sont propres à chacun?

On se rend compte, en faisant une carrière internationale, que bien que chaque orchestre arrive avec sa propre tradition, sa propre histoire, la musique est vraiment un véhicule unique pour communiquer entre les cultures et que, finalement, l’acte de faire de la musique est le même un peu partout, pourvu qu’il y ait un don de soi. C’est la question de l’honnêteté, du respect de la musique, mais le respect lié à l’amour de ce qu’on fait, lié à la générosité. L’acte de la musique demande un don complet de chaque musicien. Et c’est vrai que la musique est un langage universel.

J’imagine que votre langage corporel et votre gestuelle jouent un grand rôle pour passer les messages et vous faire entendre.

Les musiciens s’attendent à ce qu’on communique avec eux par la musique. Ils ne sont pas là pour se faire donner des conférences par le chef d’orchestre. Certains éléments ont besoin d’être expliqués par la parole, mais normalement tout se fait dans le moment présent, dans l’écoute mutuelle, l’écoute du chef envers l’orchestre, le regard. Tout ça est englobé dans le geste, et beaucoup de cette communication, au bout d’un moment, ne s’explique plus. C’est une communication qui se situe dans une énergie presque magique, et ça c’est une fierté en tant que chef d’orchestre.

Vous avez appris le piano et le chant. Vous avez toutes les voix : soprano, alto, ténor, basse. Les avez-vous encore? Chantez-vous toujours?

Je n’ai jamais arrêté de chanter. Quand j’étais chef de chœur, l’occasion m’était donnée de garder toutes les voix. Aujourd’hui, comme je fais beaucoup d’opéra et de musique chorale, je touche encore souvent à la musique vocale, ce qui me permet d’avoir comme conception que même les musiques symphoniques sont aussi des musiques qui doivent se chanter, et cette conception vocale est quelque chose de très important pour moi.

Si ce n’était pas la musique, ce serait quoi?

Ça fait longtemps que j’ai arrêté de me poser cette question! Il y a si longtemps que j’ai choisi ma carrière! Mais dans les métiers « candidats », architecte est ce qui m’attirerait le plus. Les grandes œuvres symphoniques, les opéras demandent beaucoup d’architecture, et le côté esthétique est aussi très important. Mais je suis très content que ce soit la musique qui m’ait choisi. Je ne voudrais pas changer.

Un petit mot pour les mélomanes du Festival des Arts de Saint-Sauveur?

Je suis tellement content de pouvoir participer à ce festival! J’en ai beaucoup entendu parler et je n’ai jamais eu la chance de même assister à un événement danse ou musique. On est tous très heureux, les musiciens et moi, d’y aller et, d’ailleurs, ça va être le tout dernier concert de notre saison, alors on risque de se donner encore plus! Donc, au plaisir!

Venez écouter, pour voir… de près – nulle place n’est bien loin de la scène sous le grand chapiteau –, Maestro Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain briller de tous ses instruments, lors du concert du dimanche 2 août à 18 h.

www.yannicknezetseguin.com  www.fass.ca  

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