Lettre à Catherine

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Lettre à Catherine

La chronique à Mimi

par Mimi Legault
mimilego@cgocable.ca

 

Catherine Dorion, députée à Québec Solidaire.

On ne se connaît pas, même si certaines de nos idées se sont déjà rencontrées. Ton arrivée fracassante à l’assemblée nationale t’a permise de monter sur le podium. Pas l’or mais peut-être le bronze. Pâle le bronze. C’est quand même un bon pas. Je te le dis tout de suite, je n’ai pas d’attirance pour le parti que tu as choisi. Trop long à t’expliquer. C’est de toi dont il sera question. D’abord tes fringues. Bon, tu es arrivée en t-shirt, en bottes de soldat et quoi d’autre encore. Pour un court moment, j’ai revu ma jeune sœur à son adolescence qui, pour provoquer mes parents, s’était mise à porter des vêtements anticonformistes. Ça les a fait suer au triple. Ce n’est pas ce qu’elle portait qui criait mais plutôt ce qu’elle aurait voulu leur dire. Je jurerais que tu as décidé de suivre la même trail.

J’aimerais ça paraître cool et te dire que j’en n’ai rien à cirer de tes vêtements portés à l’assemblée nationale. Mais ce serait faux. Non pas que je suis contre le changement mais plutôt contre la bêtise humaine. Si je suis bien ta logique, un jour, on pourrait voir apparaître un juge avec sa toge portant des gougounes. Ça ne me tente pas. Tu aimes les histoires? Je t’en raconte une. Dans mon ancienne vie, j’étais enseignante. L’une de mes collègues dont le poids excédait largement la moyenne aimait se présenter devant ses élèves avec des chandails très très collants et très très décolletés. Le bar laitier ouvert à l’année, si tu vois ce que je veux dire. Et ça autant en septembre qu’en janvier. Il a fallu que la direction s’en mêle parce que les jeunes garçons de 12 ans en sixième année commençaient à un peu trop s’émoustiller les grelots. Genre, comme tu dis si souvent.

En fait, ce n’est pas tellement la camisole qui « m’énarve », c’est l’image planifiée. Le kodak et le flash. R’gardez-moi bien arriver, je suis jeune avec des idées neuves. J’avoue justement en aimer quelques-unes que tu mijotes sous ta tuque, genre. Et puis, j’ai toujours eu du respect pour les brasseurs de poubelles. Le peuple dort, c’est difficile de convaincre quelqu’un qui ronfle. Alors si tes propos peuvent réussir à en réveiller une couple, je n’ai rien contre. Mais, est-ce que je me trompe ? À lire certaines de tes déclarations, on n’a comme pas le droit genre d’être contre tes idées. À titre d’exemple, tu as prédit que ton message susciterait des « réactions nauséabondes ». Ça, tu vois, je déteste parce qu’au Québec, on a encore le droit de montrer son désaccord tout en demeurant poli.

Si j’ai bien compris, toutes celles qui s’affichent en tenue de ville seraient des « matantes ». J’erre ou quoi ? Si ça ne s’appelle pas du mépris, on n’est pas loin. Personnellement, je trouve que tu es passée tout droit avec ton idée de provoquer l’establishment. Que tu le veuilles ou non, il y aura toujours un code vestimentaire non écrit qui existera. Tu décides de rester toi-même et de faire fi du décorum. Grand bien te fasse. Sache que le carcan demeure, on reste souvent prisonnier de sa proche image. Mais bon, il te manque du millage dans tes grosses bottines.

T’as quand même pris une débarque, ton discours est passé tout droit. Patatrac! J’ai aimé ta pensée, tes idées émises mais qui en a parlé ? Très peu de gens. Ton t-shirt lui, a pris toute la place. Ton accoutrement t’a discréditée. Je ne te demande pas d’avoir une attitude électorale ou de chiquer des grands principes. Tu peux bien garder ton langage de semaine si tu le veux et déclarer que tu es genre une fille du peuple. Sauf. Sauf que l’assemblée nationale n’est pas une tribune pour le contenant mais pour le contenu.

Crois-le ou non, j’aime ton style direct et sans gants blancs. Chez le peuple, il y a des originaux et des copies. Tu fais partie du premier groupe. Tu verras que la plupart des gens sont incapables de se former une opinion personnelle mais les réseaux sociaux leur en fournissent gratuitement. Il est là le piège, sois genre prudente. Je t’aime bien.

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Sylvie HamelUne jeune genre Auteurs de commentaires récents
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Une jeune genre
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Une jeune genre

Article sans importance, parler pour ne rien dire…. Pouvez-vous être un peu original dans vos propos et ne pas répéter ce que tous les chroniqueurs et médias ont déjà dit à son sujet: J’aime ses idées, mais j’aime pas comment elle s’habille! Come on… On peut tu parler d’autre chose sérieux… pathétique.

Sylvie Hamel
Invité
Sylvie Hamel

Bien dit, bien réfléchit. Bravo