Librairie Quintessence : 20 ans à prôner le mieux-être des individus

Par Nathalie Deraspe
Librairie Quintessence : 20 ans à prôner le mieux-être des individus

Le 10 mai prochain, la librairie Quintessence, à Saint-Sauveur, célébrera ses 20 ans d’existence. Pour l’occasion, quantité de clients, devenus au fil des ans des amis, seront réunis au Café de la gare afin de célébrer et partager leurs meilleurs souvenirs. Daniel Morier raconte son parcours et celui de ses deux acolytes, Suzanne Woods et Jean-Luc Valiquette.

 

Nous sommes mercredi matin. Le commerce est tranquille. L’ambiance, zen à souhait. Nathalie m’accueille avec un large sourire et m’invite à rejoindre Daniel, affairé à l’arrière boutique. Nièce de Suzanne, elle s’est impliquée depuis les premières heures du projet et n’a nullement l’intention de chercher un emploi ailleurs. Nathalie n’a tout simplement pas l’impression de travailler, tout comme sa collègue Marthe qui a rejoint l’équipe depuis déjà 6 ans.

 

Une musique planante inonde l’atmosphère. Des effluves d’huiles essentielles se dégagent de l’air ambiant et nous enveloppent comme un baume apaisant. Ici, ni néons ni pop rock. Le temps semble s’arrêter. Mais même si la librairie est née dans la mouvance du mouvement Nouvel Âge, force est de constater qu’on y propose beaucoup plus que des guides d’angéologie ou autres bouquins d’ésotérisme. 

 

Au fil des ans, le commerce est devenu une véritable institution. L’endroit est désormais considéré comme un phare dans la région. On peut y dénicher les meilleurs ouvrages en matière de développement personnel. Autrement, on s’empresse de passer une commande afin que ceux-ci soient rendus disponibles le plus rapidement possible.  On y trouve également des pierres semi-précieuses, des cristaux et plusieurs objets décoratifs.  

 

«Je dis souvent : Je ne vends pas des livres, mais de la connaissance», confie Daniel entre deux lampées de thé vert. L’homme a l’oeil vif. Sa voix est douce comme le miel. Ses cheveux gris et lisses sont soigneusement retenus vers l’arrière. On les imagine, 20 ans plus tôt, flotter allègrement sur ses épaules désinvoltes.

 

Une mission

À écouter Daniel, on comprend pourquoi la librairie Quintessence a su traverser le temps avec autant d’aisance. Pour lui comme pour Suzanne et Jean-Luc, il s’agit bien plus que d’un commerce. C’est un endroit qui reflète parfaitement bien les valeurs que chacun entendait véhiculer tout au long de sa vie.

Dans sa jeunesse, Daniel rêvait de devenir prêtre. Après avoir amorcé des études en théologie, il s’est rendu compte qu’il aimait trop les femmes pour poursuivre son idéal. Le futur lui aura donné raison. Il est père de cinq enfants! Il s’est donc retrouvé travailleur social puis agent de relations humaines, autant d’expériences professionnelles qui allaient lui servir dans son rôle de libraire spécialisé. 

 

Sociologue de formation, Daniel aimait faire du bénévolat auprès de la Société St-Vincent-de-Paul. Dès qu’il avait un moment libre, il en profitait pour aller bouquiner seul ou avec sa famille. Vint finalement le jour où son envie de se retrouver entouré de livres a surpassé tout le reste. 

 

Il confie son idée à Suzanne et Jean-Luc, qui non seulement l’encouragent à aller de l’avant, mais se proposent de devenir associés. «Ou juste d’avoir simplement du plaisir à être réunis, on a commencé à travailler ensemble», confie Daniel. Le projet n’était pas pour déplaire à Jean-Luc, qui travaillait comme acupuncteur et homéopathe. Suzanne, son épouse, était secrétaire auprès d’un cabinet de chirurgiens et souhaitait réorienter sa carrière. Elle a finalement développé une expertise en astrologie et en biologie totale, avant de se spécialiser en psycho-généalogie. Son savoir est si pointu qu’elle est aujourd’hui appelée à donner des formations de l’autre côté de l’Atlantique.

De son côté, Daniel est devenu maître reiki. «On avait tous les trois ce désir de soigner et de soulager les gens des différentes meurtrissures qu’ils peuvent avoir dans la vie», explique-t-il. Mais Daniel insiste pour dire que ni lui ni ses acolytes ne sont là pour faire de la psychologie de comptoir. «On fait de la référence pour orienter les gens vers les bonnes ressources», précise-t-il.

 

Small is beautiful

Après avoir sillonné les Laurentides à la recherche du local idéal, ce trio d’investisseurs se tourne vers Saint-Sauveur. La librairie Quintessence s’installe dans petit local de la rue Principale. Quatre ans plus tard, le bâtiment est acheté.

 

L’endroit a connu une croissance continue depuis son ouverture. La réponse a été immédiate. «Tout ce qui amenait les gens à cheminer dans leur vie était très populaire à cette époque-là, rappelle Daniel. Mais beaucoup de librairies du genre ont fermé leurs portes depuis.»

 

De 1991 à 2000, la librairie accueillait le public pour des méditations guidées à tous les matins et ce, 5 jours semaine. Entre 10 et 20 personnes s’y donnaient rendez-vous quotidiennement.  Au terme de l’exercice, tout ce beau monde se rendait déjeuner, histoire de refaire le monde jusqu’au lendemain, même heure. Cette pratique donnait à la boutique un caractère unique. L’énergie qui se dégageait du site était palpable. De là est né un véritable mouvement commun. 

«Pendant un certain temps, on a été des rassembleurs», admet Daniel. Les groupes de reiki s’étendaient parfois jusqu’à 100 personnes. On louait des salles pour toutes sortes de fêtes spirituelles. «Le bouche à oreille a débordé. On était plus qu’une librairie. On était devenu un mouvement. Mais j’étais contre le fait de devenir un gourou. Je ne voulais pas que les gens s’accrochent. Et on tenait à être agnostique.»

 

Ces rencontres pouvaient servir à toutes sortes de manifestations, comme ce fut le cas lors du génocide au Rwanda, où des centaines de personnes avaient décidé de se réunir pour tenter de «mettre de la lumière sur l’événement».

 

Un commerce adjacent

La librairie a connu un essor constant durant près de 15 ans. On aurait pu doubler sa superficie, mais le trio d’investisseurs et amis a plutôt opté pour l’agrandissement de la bâtisse, ce qui permettait l’installation d’un nouveau commerce. Personne ne souhait se donner une surcharge de travail. «On a choisi de ne pas vivre dans le stress. D’avoir une belle qualité de vie au lieu d’opter pour l’appât du gain.  On a toujours travaillé pour que la boutique soit impeccable, et qu’elle conserve une devanture harmonieuse et fleurie. La librairie demeure un phare pour ceux qui se recherchent et veulent se comprendre, indique Daniel. C’était le but. Offrir aux clients tout ce qu’il fait pour qu’ils puissent avancer dans leur recherche personnelle.»

 

Le plus beau dans toute cette histoire, c’est que beaucoup d’enfants qui collectionnaient des pierres précieuses reviennent chez Quintessence avec leur progéniture. Un phare, dites-vous?

 

Librairie Quintessence

275, Principale, Saint-Sauveur

Tél.:  450 227-5525

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