Ligne à haute tension dans les Laurentides: Les citoyens toujours mobilisés après six ans de bataille

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Par Sandra Mathieu
Ligne à haute tension dans les Laurentides:  Les citoyens toujours mobilisés après six ans de bataille
Une quarantaine de personnes ont bravé le froid lors de la manifestation pacifique à Saint-Adolphe-d’Howard samedi dernier. (Photo : Georges Jardon)

Une manifestation pacifique sous le thème Ensemble pour Saint-Adolphe et pour la protection des paysages a eu lieu samedi dernier alors qu’on soulignait les six ans de bataille dans ce dossier.

 

Une quarantaine de personnes, dont le préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, André Genest, ont bravé le froid pour se réunir sur le lac St-Joseph d’où l’on peut voir une dizaine de pylônes. Des représentants de Greenpeace étaient également présents.

Rappelons qu’en entrevue à l’émission 24/60 à Radio-Canada, Éric Martel, président-directeur général d’Hydro-Québec, avait affirmé que, depuis le village, on ne verrait que la tête de deux ou trois pylônes. Les impacts sont donc pires que ceux annoncés par Hydro-Québec, ce qui a fait réagir de nombreux citoyens, dont Pascal Bastien. Celui-ci est l’un des instigateurs du rassemblement de samedi dernier.

« On ne pensait jamais que la ligne serait autant visible. Il faut être solidaire et continuer d’exiger l’enfouissement partiel. Le premier ministre a demandé que les pylônes soient démontés à l’Île d’Orléans, ça peut se faire chez nous aussi », a-t-il déclaré.

Pascal Bastien a lancé un nouveau mouvement citoyen : Ensemble, pour Saint-Adolphe qui rallie des résidents qui, jusqu’à présent, ne s’étaient pas sentis interpelés par le dossier.

« Depuis que les pylônes sont là, de nouvelles personnes, en dehors du comité aviseur réagissent. C’est une nouvelle bataille qui commence pour demander le démantèlement d’une partie de la ligne », mentionne-t-il.

Avis de non-conformité

De son côté, le comité aviseur a obtenu, par la Commission d’accès à l’information, les 16 avis de non-conformité émis par le ministère de l’Environnement, dont le dernier est daté du 17 décembre, soit 10 jours environ après l’avis préalable à l’ordonnance. Dans ce document, on y apprend que, lors de la dernière visite d’inspection, des manquements ont été relevés à plusieurs endroits du tracé, ainsi qu’en lien avec des mesures (aménagement de bassins de sédimentation) visant à prévenir les coulées de boue depuis les chantiers d’Hydro-Québec.

« La situation est très préoccupante et pas juste à Saint-Adolphe. Le ministre de l’Environnement doit signer rapidement l’ordonnance afin de protéger les citoyens et les municipalités touchées par ce projet », affirme Sarah  Perreault, du comité aviseur.

Respect de l’environnement

« La revalorisation de ce territoire est encore possible et nous demandons aux différents paliers de gouvernement d’écouter les citoyens qui proposent des solutions viables et durables pour prioriser la protection de l’environnement et des paysages exceptionnels situés au cœur du village de Saint-Adolphe, fait valoir Marjorie Bourbeau, également impliquée dans le projet des Sentiers de la terre. Il n’est pas trop tard pour démanteler la ligne et l’enfouir sur une portion. L’environnement doit être au cœur des actions du gouvernement et il faut penser à ce qu’on laissera aux générations futures. »

Cette dernière rappelle qu’à la veille des dernières élections, la CAQ avait promis d’arrêter les travaux pour analyser tous les scénarios possibles et elle déplore que ceux-ci aient au contraire été accélérés. Le groupe de citoyens veut avoir l’heure juste, être écouté et estime avoir droit au même respect que les citoyens en Estrie ou encore aux États-Unis, où il y a eu enfouissement.

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