L’implication bénévole au profit de la communauté

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L’implication bénévole au profit de la communauté

Développement de sentiers à Wentworth-Nord

Il y a quatre ans, Maxime Bergeron emménageait à Sainte-Adèle pour élever sa famille dans un environnement propice aux sports de plein air. Après une première sortie de vélo de montagne dans les sentiers de la région, ce fut le coup de foudre. L’ex-banlieusard décidait de s’investir dans la construction et l’entretien de sentiers.

 

Dimanche dernier le 22 septembre, nous le retrouvons avec une quinzaine de bénévoles réunis pour finaliser l’aménagement de nouveaux sentiers du réseau des Orphelins, dans la municipalité de Wentworth-Nord. Six kilomètres de nouveaux tronçons multifonctionnels s’ajoutent au réseau déjà existant, qui s’étend sur les 135 hectares de forêt appartenant à la municipalité.

 

Des travaux de grande ampleur

Selon Joël Badertscher, chargé de projet, ces sentiers combinent l’environnement au plein air. Le réseau, qui s’articule autour du sentier principal des Orphelins et du Corridor aérobique, compte dix panneaux d’interprétations de la faune et des milieux humides. Deux passerelles sur pilotis aménagées dans les tourbières permettent d’observer le fragile milieu, tout comme la plateforme servant de belvédère. Aménagé à la base pour le vélo de montagne, le sentier sur lequel travaillent les bénévoles sera aussi accessible pour la randonnée, et en hiver pour le ski et la raquette.

 

Nés de la volonté de la municipalité et de la Coopérative des 4 pôles de développer des activités récréotouristiques de plein air, les travaux ont vu naître un réseau de sentiers et d’hébergement rustique. Un refuge pouvant accueillir huit personnes ainsi que des emplacements de camping rustique devraient être intégrés au réseau en janvier 2014. En plus de compter sur l’appui de bénévoles, la municipalité a engagé l’entreprise Enviro-forêt, spécialisée en aménagement de sentiers. Les travaux, qui ont commencé en juillet 2012, seront officiellement inaugurés le 3 octobre prochain à 10h.

 

Ces aménagements ont nécessité des fonds de 110 000$. La municipalité de Wentworth-Nord, qui a investi 25 000$ étalés sur trois ans, compte sur l’appui de plusieurs partenaires, dont la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement (81 700 $), la Caisse Desjardins de la Vallée des Pays-d’en-Haut

(10 000$), le Programme de soutien aux territoires en difficulté (20 000$), la MRC des Pays-d’en-Haut, ainsi que plusieurs autres organismes et entreprises locales.

 

Un maire visionnaire

André Genest, maire de Wentworth-Nord, souhaiterait voir la municipalité et la région se diriger vers un modèle tel que celui de Saint-Raymond-de-Portneuf. «Cette municipalité de la région de la Capitale-Nationale a réussi à dynamiser ses activités avec la création d’un vaste réseau de sentiers de vélo de montagne. Les sentiers sont si populaires que les cyclistes y affluent des quatre coins de la province, viennent y passer quelques jours et font rouler l’économie locale», affirme M. Genest. De plus, renchérit le maire, la présence de sentiers augmente la valeur des terrains, ce qui constitue un avantage considérable pour les promoteurs immobiliers.

 

Dans un avenir à moyen terme, le maire souhaite poursuivre le développement de sentiers récréotouristiques et relier les réseaux déjà existants. C’est pourquoi la coopérative des 4 pôles, une entreprise d’économie sociale, a été créée il y a un an. Elle contribue au développement écologique et récréotouristique dans les municipalités de Wentworth-Nord et Lac-des-Seize-Îles. 

 

Le développement durable, au profit de tous

Force est de constater que le vélo de montagne prend racine aux quatre coins des Laurentides. Pour Stéphane Lalande, directeur général du Centre local de développement (CLD), les gens viennent autant de l’extérieur que de l’intérieur de la région pour profiter des réseaux de sentiers. Déjà, les municipalités de Morin-Heights, Wentworth-Nord et Saint-Adolphe-d’Howard sont très ouvertes au développement du vélo de montagne. Selon M. Lalande, en augmentant la diversité de réseaux, on peut tirer profit du même modèle que celui du ski alpin: « Les gens viendront davantage de l’extérieur profiter des installations et des commerces que la région compte déjà.»

 

Puisque le modèle fonctionne bien pour les quelques municipalités qui l’appliquent,

Stéphane Lalande espère que d’autres suivront et financeront durablement le développement du vélo de montagne. Selon lui, la présence de tels réseaux sur le territoire constitue un énorme avantage, autant pour l’économie locale que pour les promoteurs immobiliers. «Beaucoup de personnes choisissent de vivre dans la région parce qu’ils peuvent profiter de la nature et s’adonner à des activités de plein air, renchérit-il. De plus, le développement des sentiers locaux constitue une véritable occasion de dynamiser la région. En valorisant nos ressources, on ne peut que stimuler l’économie locale.»

 

À court terme, la prochaine étape serait de bonifier la carte électronique des sentiers présents sur le territoire, puis d’adapter les installations touristiques aux cyclistes, comme c’est déjà le cas pour le ski alpin. Selon lui, il n’en manque pas beaucoup pour que les hôtels et commerces s’adaptent à cette nouvelle clientèle estivale. Il s’agit, selon lui, de diversifier les services spécialisés pour les visiteurs, par exemple en offrant des modalités de rangement sécuritaire pour le dispendieux équipement cycliste.

 

À moyen terme, M. Lalande envisage d’évaluer la faisabilité de l’élaboration de nouveaux réseaux sur des terres publiques, comme sur celles à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

 

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