L’ironie de l'histoire

Par Josée Pilotte
L’ironie de l'histoire

Parlez-moi de ça une femme qui a du pouvoir. La chaise du maire Réjean Gravel est à peine refroidie que déjà la nouvelle mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard, Lisette

Lapointe, attire la chaleur des projecteurs sur elle…

 

Quelle ne fut pas ma surprise la semaine dernière de la voir sur le plateau de Bazzo.tv en train de défendre les intérêts de sa municipalité sur le dossier de la ligne 120kV du Grand-Brûlé – Dérivation-Saint-Sauveur (ouf!, j’imagine que ce n’est pas Gaston

Miron qui a trouvé le nom), un sujet qui préoccupe les citoyens de notre région sur les impacts environnementaux, sur l’impact sur nos paysages mais aussi de l’impact que ce projet pourrait avoir sur la valeur des propriétés si Hydro-Québec va de l’avant avec son projet d’ici 2016.

 

Rappelons que le projet d’Hydro c’est 40 kilomètres de lignes électriques qui traverseraient deux MRC: celle des Laurentides et celle des Pays-d’en-Haut. Une vraie pollution visuelle, un véritable massacre de nos paysages si vous voulez mon avis.

La Charte des paysages, dont la région s’est dotée il y aura 10 ans l’an prochain, n’y pourrait rien, pas même si on le voulait, empêcher l’érection des tours cellulaires, ni des pylônes électriques, puisque ce genre de projets est semble-t-il un mal nécessaire… et parce qu’ils font partie du développement du territoire, qui ne cesse de s’étendre.

 

Tenez, regardez ce qui s’en vient comme projets tout près de chez nous. Des projets de plusieurs millions de dollars qui verront le jour d’ici quelques années. Aussi bien dire demain: Mirabel et son méga centre commercial, Piedmont lui aussi avec son méga centre commercial et Sainte-Adèle avec un centre récréo-touristique majeur.

Et ça, c’est seulement ce que l’on sait aujourd’hui.

La banlieue se rapproche à grands pas, qu’on le veuille ou non. Et notre grande soif de consommation, comme notre

désengagement collectif, font que nos Laurentides se remplissent et que l’on scalpe nos montagnes à la vitesse grand V.

 

Ne trouvez-vous pas que, dans cette optique, l’on puisse alors difficilement être surpris d’apprendre qu’Hydro-Québec répond à une demande que l’on s’est peut-être créée nous-mêmes?

C’est pourtant évident que nous n’en voulons pas et que nous avons tous développé le syndrome du «pas-dans-ma-cour», mais malheureusement, ce n’est pas assez pour se battre contre un géant tel Hydro-Québec. Et puis, vous voulez qu’il la passe où sa ligne, Hydro?

Ne vous méprenez pas, je ne tiens pas un discours défaitiste mais je nous mets devant nos propres contradictions, les yeux en face des trous comme on dit.

 

On aime l’idée de s’installer dans un havre de paix tel que les Laurentides. On veut TOUTES les commodités (comme avoir un Costco au coin de notre rue), on aime avoir un cellulaire qui rentre PARTOUT, on aime avoir l’internet haute vitesse jusqu’au fin-fond des bois, et on aimerait (si possible) que l’électricité rentre au poste. Sur ce point, d’ailleurs, permettez-moi d’en douter un peu… encore cette semaine nous avons été des milliers de personnes privés d’électricité! Au moindre coup de vent, boum! Black out!

 

Le mot «lobbying» semble être un mot à la mode par les temps qui courent. Madame Lapointe/Parizeau aura donc utilisé ses contacts privilégiés afin de faire entendre sa voix sur les tribunes médiatiques. Peut-on être contre quand ça va dans le sens de faire avancer des dossiers qui nous concernent? La réponse me semble évidente.

Maintenant, est-ce que Lisette Lapointe aura assez de «power» pour faire reculer un tel projet?

 

L’histoire dit que Jacques Parizeau aura été l’un de ceux qui aura contribué à sortir le Québec de la Grande Noirceur avec la nationalisation de l’électricité dans les années 60. Aujourd’hui sa femme, Lisette Lapointe, se bat pour que des gros pylônes n’envahissent pas la petite municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard. N’est-ce pas ironique?

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