Lise Beauchamp, de Saint-Hippolyte

Photo de Martine Laval
Par Martine Laval
Lise Beauchamp, de Saint-Hippolyte

Maître-verrier et invitée d’honneur de l’exposition Montagne-Art

Lise Beauchamp a quitté son Outaouais natal pour s’installer à Saint-Hippolyte, au coeur des montagnes, des lacs et de la beauté de la nature. La maison qu’elle habite présentement est la septième de sa vie qu’elle transforme, rénove et met à son goût. Dans un espace forestier de paix, de silence et de tranquillité, elle crée. Son art? Le vitrail.

 

Chez elle, ses oeuvres font partie intégrante de son décor. Presque chaque espace de transparence est coloré de ses vitraux.

Tombée en amour avec le verre

«À 18 ans je suis partie faire le tour du Canada, sac au dos. À Halifax en Nouvelle-Écosse, dans un café, très tôt un matin, assise en train d’écrire, ma tasse de café soudainement devient toute bleue. Je fais le tour de l’endroit des yeux, cherchant d’où vient cette lumière surnaturelle et je découvre cette immense rosace de cobalt dans laquelle le soleil se lève. Wow! Beauté magique. La luminosité était extraordinaire. À mon retour de voyage, je me suis mise en tête de découvrir comment on faisait du vitrail. Comparé à la peinture, pour moi le vitrail ça vit. Intégré à un décor, on apprend à vivre avec. L’été avec le soleil, l’hiver avec la neige, le soir à la tombée du jour, la nuit dans la noirceur, il y a toujours une luminosité particulière. Dans ma maison, à la pleine lune, l’ambiance est vraiment spéciale!

 

La première maison que j’ai achetée à 19 ans. C’était la joke dans le village! J’étais la fille qui débarque, propriétaire à 19 ans! C’était les petites maisons après guerre, à deux étages. En dedans de quelques années j’avais fait 11 trous dans la maison pour mettre des fenêtres dont une dans le salon de 5’x 9’ toute en verre! Peu outillée à l’époque, j’empruntais la scie à chaîne de mon voisin qui lui mesurait 6’ 8’’, immense, la scie allant avec le gars! Moi avec mes 5 pieds de haut, j’montais dans l’escabeau avec la scie pi j’coupais! J’étais la risée du village qui me disait: “Lise si tu fais un autre trou dans cette maison elle va tomber!”»

 

Maître-verrier

«Quand je dis que je suis maitre-verrier, les gens me disent: “Oh! moi tu sais, les vitraux d’église, j’suis pas capable!”. Pourtant il y a bien longtemps qu’on a passé le temps des vitraux d’église! De là ma production actuelle qui prouve aux gens qu’on peut créer à peu près n’importe quoi maintenant. On parle plutôt désormais de dimension, de volume, d’épaisseur. On a aujourd’hui des verres tellement extraordinaires.»

 

Maître-verrier c’est un titre, mais c’est avant tout du compagnonnage. Il faut avoir suivi des cours avec les grands maîtres, avoir exprimé sa philosophie, avoir également démontré qu’on sait couper du verre, un des exercices étant d’arriver à couper un cercle dans une grande pièce, sans la casser.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de