Loin des yeux, loin du cœur

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Loin des yeux, loin du cœur

Chronique d’un X
par Jean-Claude Tremblay
jctremblayinc@gmail.com

 

Rassurez-vous, je ne vais pas gratter un bouzouki et commencer à chanter la populaire chanson de Demis Roussos ! Je vais par contre faire référence à ce qui se passe à l’international et au fait que nous avons tendance à détourner l’attention dès qu’un événement ne semble pas affecter de notre région.

Le 11 décembre dernier, j’écrivais une chronique intitulée « Noël jaune », faisant référence au mouvement des gilets jaunes, où je racontais que nous avions beaucoup à apprendre de cette mobilité citoyenne, assoiffée de justice sociale.

Depuis la parution, le calme est loin d’être revenu, les solutions tardent à venir et le bilan s’est alourdi. L’information varie selon les sources, mais certaines parlent de dizaines de morts et de quelques 2 000 blessés lors d’affrontements où le mot violence est souvent un euphémisme.

La douleur ne semble pas prête à s’apaiser, d’autant plus que de nouveaux mouvements sont en train de voir le jour, comme les « foulards rouges », qui selon le Figaro, est un contre-mouvement qui veut défendre la démocratie et les institutions. Décidément… l’emploi de l’expression « on n’est pas sortie de l’auberge » me semble plus qu’approprié!

Des Pays-d’en-Haut… à Paris

La fin de semaine dernière, je suis tombé sur un partage Facebook de l’amie Brigitte Alepin, cette Laurentienne et sommité mondiale en politique fiscale qui, en visite à Paris, a été à même de constater tout le désarroi que l’iniquité en matière de fiscalité pouvait engendrer.

Rappelons qu’elle est l’auteure du livre « La crise fiscale qui vient », une œuvre riche et lucide, digne de Nostradamus, dans laquelle elle prédisait le cahot auquel on assiste aujourd’hui, tout en proposant des pistes de solutions concrètes qui tardent à être appliquées par les gouvernements. Et en parlant du loup…

Le rôle de l’État et de ses sociétés

Bien que l’exemple qui suit relève plus de convention collective que de fiscalité, il est quand même pertinent de s’y attarder, car cette décision de la société d’État contribue à alimenter le cynisme de la collectivité.

Lorsque la SAQ a récemment annoncé l’augmentation du salaire minimum à 21,95 $ l’heure, plusieurs ont décrié le fait que ce salaire était « ridiculement » plus élevé que d’autres professions considérées comme essentielles par l’opinion publique.

TVA soulignait que les préposés aux bénéficiaires qui prennent soin de nos aînés gagnaient en moyenne 16 $ l’heure. Les éducatrices en garderie qui prennent soin de nos enfants… 18,52 $ l’heure. Est-ce qu’une partie du peuple a raison d’être outré, quand prendre soin des bouteilles est mieux rémunéré que de changer des couches souillées avec dignité ?

Je vous laisse y répondre, en prenant bien soin de souligner que les employés de la SAQ ne sont pas en cause, et que ça ne rend pas leur salaire ni leur emploi illégitime pour autant – ça n’a strictement rien à voir avec eux, et tout avoir avec leur employeur, la gestion de ses priorités… et ultimement, de notre argent.

Les Québécois : deuxième plus imposés au monde

Quand la classe moyenne travaille de plus en plus fort et contribue massivement aux revenus de l’État par ses impôts qui sont faramineux, elle est en droit de se poser des questions. Quand elle constate qu’elle n’en a pas pour son argent, que les décisions n’ont pas de bon sens, la révolte est peut-être latente, mais résolument présente.

Vous croyez que nous somment à l’abri de vivre des situations comme celles décriées par « Occupy Wall Street » en 2011 ou par les « gilets jaunes » ?

Détrompez-vous, nous sommes dans le même bateau. Avec des familles qui peinent à arriver, la soupe populaire de notre MRC qui est régulièrement assiégée à cause d’une fiscalité débridée, il est grand temps de se réveiller et d’exiger une justice sociale pleinement méritée.

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