Love Story – Une histoire de cœur… deux ans plus tard

Par Eric-Olivier Dallard

«Quand je les ai vues, mes éditrices, revenir d’un rendez-vous, la blonde et la brune, dans la décapotable de Mary, cheveux au vent, toutes deux tellement printanières, je me suis redis combien je les trouve belles.

Je me suis redis combien j’étais chanceux, sans doute autant que vous, lecteurs, de les avoir ici.

Je n’ai jamais travaillé pour des entreprises; toujours pour des personnes. Pour le fric, un peu; pour la liberté et la confiance témoignées, surtout.

Pour ce petit miracle qui se produit quand les visions s’accordent, quand les idées concordent. Quand les chemins se trouvent.

Merci pour l’aventure, les filles.

Merci pour le chemin.»
(– Eric-Olivier Dallard, chronique Altitude, mai 2007)

La pérennité des sentiments est sans doute l’une des preuves les plus patentes d’une Rencontre. J’ai commencé à travailler chez Accès il y a deux ans, au moment de la Saint-Valentin justement. Un peu plus d’un an plus tard, en mai 2007, j’écrivais ce texte; nous venions de publier une série de reportages et d’enquêtes qui allait donner, je le crois humblement, un nouveau souffle au journalisme dans les Laurentides.

J’écrivais donc ce texte au printemps dernier.

S’il me fallait le réécrire, je n’en changerais pas une ligne… La pérennité des sentiments…

C’est quelques semaines après qu’Accès remportait le prix de l’Hebdo de l’année.

Allez, passez une belle semaine, Valentines, Valentins…

Josée Pilotte, l’éditrice, aussi connue sous le ludique diminutif de «Jopi», a été invitée à participer la semaine dernière (mai 2007) à un événement rassemblant 1000 femmes dans une galerie d’art de Montréal, 1000 femmes qui ont «façonné le Québec d’aujourd’hui et celui de demain». Elle était aux côtés de gens comme la journaliste et auteure Denise Bombardier, l’animatrice Johane Despins, la ministre Monique Jérôme-Forget, la comédienne Suzanne Clément…

Impressionné, le rédac’chef? Beaucoup.

Surpris? Pas le moins du monde.

Doublons même la mise, ne parlons pas de «1000 femmes» mais de «1000 personnalités»; elle en aurait toujours été, Jopi.

Un aparté, comme ça: vous lisez les pages économiques des quotidiens, vous? Croyez-en quelqu’un qui a aimé passionnément voyager, qui a connu plus d’une vingtaine de pays, sur trois continents, qui a aimé passionnément la rencontre de l’Autre: il existe peu de meilleures façons d’aborder un lieu, de s’y préparer, que par le biais de ces pages-là; tout y est dit – les champs d’intérêt d’une population, sa relation à la culture, sa géographie, sa politique concrète, ses idéaux, son niveau de vie, ses «points de rupture», ses «points de suture»…

Donc, z’avez lu cette semaine (mai 2007)? Rupert Murdoch, figure (re)connue du monde de l’édition américaine et principal actionnaire du groupe de presse News Corp, veut mettre la main sur le groupe Dow Jones, dont le joyau est le Wall Street Journal. Son offre? «Très surévaluée», considère le gourou de l’économie Warren Buffet. Murdoch, il s’en fout: il veut le Wall Street, quel que soit le prix. Pourquoi? Parce que posséder un média – et plus encore, un média écrit – revêt un capital de séduction élevé, rarement égalé dans le monde de la finance. Murdoch est donc prêt à payer. Cher. Trop.

Les éditrices Mary-Josée Gladu et Josée Pilotte, elles n’en ont pas acheté, un journal. Elle en ont créé un. Celui que vous tenez entre vos mains.

Vous avez beaucoup de chance, savez-vous?, lecteurs laurentiens.

Comme rédacteur en chef, j’ai connu cinq éditeurs et quatre journaux. Et je peux vous dire que ces femmes-là, Mary-Josée et Josée, marient, semaine après semaine, à une expérience et une maîtrise concrètes du monde de l’édition, un jugement sûr, qui emprunte à l’instinct, à l’intuition; qui relève, en fait, un peu de la vocation… Une façon de vivre «son journal et sa région» qui tient, disons-le, du «don».

Mais… et c’est là toute la beauté de la chose, un don, une vocation, vécus avec discernement; en fait, elles ont réussi là où j’ai vu beaucoup de gens d’affaires échouer: elles ont conservé le sens du jeu (les gourous-psycho-pop parleraient de la «capacité à s’émerveiller» ou un truc du genre); elles ont gardé aussi, intacte – peut-être même grandie – une passion pour leur travail, leurs partenaires, leurs collègues. Leurs lecteurs.

Elles savent que dire n’est pas un droit; c’est un privilège.

Elles savent aussi que le temps que les lecteurs nous accordent est important, précieux; qu’il est d’autant plus important de leur donner une information solide, une information qui leur donnera un «pouvoir» comme citoyens laurentiens, celui que confère la connaissance. «Ils faut leur en donner pour leur temps…»
«Accès, avec des dossiers comme celui-ci, par exemple, contribue à améliorer les choses, à rendre le monde meilleur», me disait Clément Cardin, le maire de Piedmont, à propos de l’un de nos dossiers de l’an dernier. C’est très exactement cela que je veux dire. Savez-vous la part de courage, d’audace… de générosité, que cela suppose de la part d’un éditeur de traiter certains dossiers dans une région comme la nôtre? (voir, à ce sujet, mon texte paru en mai dernier, Accès blanchi par le Conseil de presse – Une histoire de censure)…

Enfin, quand je les ai vues revenir d’un rendez-vous, la blonde et la brune, dans la décapotable de Mary, cheveux au vent, toutes deux tellement printanières, je me suis redis combien je les trouve belles.

Je me suis redis combien j’étais chanceux, sans doute autant que vous, lecteurs, de les avoir ici.

Je n’ai jamais travaillé pour des entreprises; toujours pour des personnes. Pour le fric, un peu; pour la liberté et la confiance témoignées, surtout.

Pour ce petit miracle qui se produit quand les visions s’accordent, quand les idées concordent. Quand les chemins se trouvent.

Merci pour l’aventure, les filles.

Merci pour le chemin.

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