Lowe’s-RONA : d’autres fermetures en vue ?

Par Jean-Claude Tremblay
Lowe’s-RONA : d’autres fermetures en vue ?

Économie

Coup de théâtre la semaine dernière alors que le géant américain Lowe’s, propriétaire de Rona, annonçait la fermeture de 27 établissements au Canada dont neuf au Québec, dans une démarche de rationalisation. Parmi ces neuf endroits, cinq magasins anciennement de la bannière pourtant jadis très rentable, Marcil.

Rappelons que les 17 magasins avaient passé sous la bannière RONA en février dernier, dont celles de St-Jérôme et St-Sauveur. Après la saga du magasin corporatif de la rue principale à St-Sauveur, qui avait fait l’objet de rumeur de vente, voici que les spéculations sont reparties de plus belle, car selon plusieurs, d’autres mesures d’austérité seraient à prévoir un peu partout au Québec, et les Laurentides ne seraient pas épargnées.

Réaction de l’ancien PDG des centres de rénovation Marcil

L’homme d’affaires François Marcil, qui a vendu à RONA il y a quelques années, voit cinq de ses anciens magasins fermer dont son premier, à Ste-Clothilde, là ou tout à commencer. Il était déçu pour la vague d’incertitudes que cela allait engendrer pour les employés et leurs familles, mais non surpris par cette décision qu’il estime être dans l’ordre naturel des choses, suite à son départ en 2015. « Marcil a toujours été l’une des bannières les plus performantes du réseau (RONA) sous mon équipe, mais lorsqu’on change une formule personnalisée et gagnante, il ne faut pas s’attendre à obtenir les mêmes résultats. Je reçois encore des commentaires de mes anciens clients et fournisseurs qui se disent chamboulés par la nouvelle culture d’entreprise. »

Selon lui, cette vague de fermeture et de réorganisation devrait se poursuivre, car il y a beaucoup de ménage à faire pour se réinventer, et remettre le service à la clientèle à l’ordre du jour.     

Suite à l’annonce de fermeture, nombreux ont été les témoignages de sympathies laissés sur la page Facebook du philanthrope, bien connu dans les Laurentides, notamment pour ses soupers-bénéfices et son célèbre « Jardin de François. »

Mme Lantin, une employée de longue date touchée par la récente fermeture du magasin de l’Assomption, dit avoir « Tellement de peine de voir tout ça » et s’ennuie d’une époque où elle travaillait pour M. Marcil, un homme apprécié de ses employés et de ses clients.

« Ce fut un réel plaisir d’avoir la chance de vous rencontrer et de voir que derrière ce grand gestionnaire se cachait aussi une personne très humaine et près de ses gens. », à –t-elle écrit sur le mur de l’ex-PDG qui visiblement, a su marqué l’imaginaire et gagner le respect de nombreux employés, et autres membres de sa communauté.    

En conclusion

J’aimerais trouver les mots réconfortants et dire que cette vague de fermeture sera la seule et unique, mais ce serait mentir.

Le fait est que c’est l’Américaine Lowe’s qui est propriétaire et aux commandes, n’en déplaise au siège social « symbolique » de Boucherville, dont RONA n’est aujourd’hui qu’une marque de commerce parmi d’autres.

À juste titre, Lowe’s, surtout depuis l’arrivée de son nouveau PDG américain Marvin Ellison, un homme brillant et respecté, n’écoute que sa mission première qu’est la génération de profit pour ses actionnaires – la Caroline du Nord est loin des Laurentides, et tout cela n’a malheureusement rien de personnel, même si sur l’humain, ce genre d’annonce a l’effet d’une bombe.

La bonne nouvelle, surtout pour les employés dont il faut impérativement s’occuper, c’est que le marché des centres de rénovation est relativement en bonne santé.

Je suis d’avis que d’autres joueurs sont déjà en train de s’organiser pour combler le trou béant laissé par ceux qui ont décidé stratégiquement de délaisser un créneau de proximité – un qui aura toujours sa place dans notre précieuse communauté.

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