(Photo : Gracieuseté - Facebook Wayne Wong)
Wayne Wong dans le temps

50 ans de freestyle racontés par ses pionniers

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

À Saint-Sauveur, les célébrations des 50 ans de Freestyle Canada ont offert un rare moment où les voix du passé ont repris toute la place.

Entre deux épreuves des Championnats canadiens, la piste s’est transformée en scène d’hommage au Sommet Saint-Sauveur. Micro en main, plusieurs pionniers du ski acrobatique ont revisité une époque où tout restait à inventer. « Dans notre temps, les bosses n’étaient pas préparées. Ce n’était pas parfait comme aujourd’hui », a raconté Michel Daigle, premier champion canadien en 1974. « On n’avait pas toujours l’occasion de faire des sauts acrobatiques. Mais quelle époque on a vécue. »

Sur scène, les anecdotes se sont succédé, mêlant souvenirs personnels et regard sur l’évolution du sport.

L’esprit freestyle avant tout

Plusieurs interventions ont insisté sur l’ADN du freestyle, forgé dans une pratique libre et expérimentale. « Freestyle, c’est toute une aventure », a résumé Wayne Wong. « On a appris à rester actifs, à aimer skier toute notre vie. » L’ancien athlète a aussi souligné le caractère unique de l’événement. Selon lui, un rassemblement de cette ampleur autour de l’histoire du sport « ne se ferait pas ailleurs », évoquant notamment la difficulté de réunir autant de générations aux États-Unis.

Jean-Luc Brassard (centre) célèbre sa médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de Lillehammer.

Même constat du côté de Jean-Luc Brassard, qui a rappelé l’importance des pionniers. « C’est grâce à vous qu’on a aimé ce sport et que l’on continue à l’aimer aujourd’hui. »

Des trajectoires marquantes

Au fil des prises de parole, plusieurs figures ont revisité leur parcours. « J’ai commencé à skier ici il y a des décennies. Et je suis encore là aujourd’hui », a lancé l’un des vétérans sous les applaudissements.

D’autres ont partagé des souvenirs plus précis. Michel Daigle a raconté avoir remporté une compétition majeure « avec des bottes de location et des skis de démonstration », après que son équipement ait été perdu par une compagnie aérienne.

Le rôle clé de Saint-Sauveur

Le site a été au cœur de nombreux témoignages. « La piste 70, ça a été une révélation », a souligné un ancien compétiteur. « C’est ici qu’on voulait attirer l’attention, montrer que le ski pouvait être spectaculaire. »

Pour plusieurs, Saint-Sauveur représente bien plus qu’un lieu de compétition. Il s’agit d’un point de rencontre, d’un laboratoire et d’un symbole.

Un héritage toujours en mouvement

La relève, bien présente sur la piste, n’était jamais loin dans les discours. Plusieurs anciens athlètes ont souligné l’évolution technique du sport, notamment l’intégration des sauts acrobatiques dans les bosses au début des années 2000. « On attendait juste que ce soit permis », a résumé un l’un d’eux en évoquant cette transition.

Aujourd’hui, alors que des figures comme Mikaël Kingsbury dominent la scène internationale, les pionniers voient leur héritage se prolonger. « Vous avez devant vous les gens qui ont changé le sport », a lancé l’animateur à la foule.

Un demi-siècle plus tard, le freestyle continue d’évoluer. Mais le temps d’un week-end, à Saint-Sauveur, il s’est surtout souvenu d’où il venait.

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