Macédoine d’automne

Par Josée Pilotte
Macédoine d’automne

Vous savez à quel point j’aime vous parler du temps qui passe comme les feuilles d’automne, cette saison de feux de foyer, de chandails de laine, de films et de «comfort food»… 

Personnellement c’est ma saison préférée. Mais cette année je trouve que Dame Nature nous en a passé une p’tite vite. Printemps froid et pluvieux, été n’ayant jamais tout à fait commencé, fiston qui me casse les oreilles depuis que le paysage tourne au rouge pour ses nouveaux skis qu’il magazine avec ma carte de crédit. Oui, le temps, les saisons sont complétement «fuckées» tout comme les Québécois le sont avec la Charte des valeurs québécoises…

 

D’ailleurs à ce sujet, quelqu’un pourrait-il me dire ce qu’il adviendra de la croix de Sainte-Adèle? Qu’on soit pour ou contre la Charte, ne croyez-vous pas que cette croix emblématique des Pays-d’en-Haut devrait demeurer et continuer à illuminer notre paysage Laurentien au-delà de toutes religions? Je dis ça d’même…

Grand Theft Auto 5:

Le désespoir d’une mère

Lundi soir dernier à minuit, les amateurs de jeux vidéo ont fait la file pour se procurer une copie de Grand Theft Auto 5, parmi ceux-ci, il y avait mon fils de 19 ans qui attendait impatiemment sa copie.

 

Un trip, je veux être l’un des premiers à l’avoir entre mes mains, m’a t-il dit après que je lui ai demandé: «C’est quoi l’affaire d’aller faire la file à minuit le soir pour un jeu vidéo…?»

 

Il n’était pas le seul à faire la file ce soir-là, puisqu’un jour seulement après sa sortie, l’on enregistrait des revenus de plus 800 millions de dollars. Un jeu selon les critiques d’une extrême violence et d’une misogynie à faire rugir et crier au scandale la moins féministe des féministes d’entre nous.

Une amie me racontait que l’autre jour lors d’une banale promenade en voiture avec son jeune fils et son chum, elle a eu le choc de sa vie lorsque sa progéniture a dit à son père qui attendait depuis quelques minutes derrière un autre automobiliste: «Ben papa: fonce lui d’dans avec ton char, il va se tasser le m’sieur!»

 

On dira ce qu’on voudra, c’est instructif les jeux vidéos!

 

Discussion de cuisine

À la blague, lors d’une discussion enflammée autour de l’ilot de cuisine, verre de rouge à la main (très important), on s’est mis à se raconter entre nous nos résultats scolaires, oui, oui vous avez bien lu NOS RÉSULTATS SCOLAIRES; c’est là, dans un bref moment de lucidité, que je me suis dit: faudrait pas que personne nous entende!

 

Le plus loin que je me rappelle, ma mère ou mon père n’ont jamais fait des devoirs avec moi, encore moins une recherche sur l’instabilité géopolitique du Moyen-Orient, une dissertation sur où s’en va l’humanité, ou sur Alexandre le Grand, sujets abordés en secondaire I.

 

En fait, si, une fois en 3e ou 4e année, mon père m’avait aidée à faire une réplique miniature du stade olympique, un vrai chef-d’œuvre, ma maquette avait d’ailleurs été choisie parmi les grandes finalistes de mon école. Je me souviens de la fierté ressentie.

 

Sauf qu’aujourd’hui nos enfants ne font plus la maquette en bâton de popsicle, non monsieur!

Aujourd’hui ils font des maquettes virtuelles en 3D avec explications PowerPoint sur un nouveau portable dernier cri.

 

Ils vivent aujourd’hui dans un monde de performance scolaire extrême avec des parents exagérément soucieux de ce que leurs petits Loups «performent» à tout prix afin d’inscrire ça dans leur registre de fierté/discussion-de-cuisine-du-samedi-soir/verre-de-vin-rouge.

Avant, l’école était un microcosme, un refuge, un monde pour les enfants, bien à eux.

Aujourd’hui l’école est devenu un Big Brother, nous informant des moindres faits et gestes de nos enfants, à la vitesse de l’internet. Il n’y a pas une journée où je ne reçois pas un courriel, que dis-je DES courriels de l’école pour divers trucs, tous plus futiles les uns que les autres.

 

Ça peut aller du simple fait que l’on me signifie que mon fils a oublié pour la énième fois d’attacher ses souliers, jusqu’à un banal oubli d’avoir fait signer son dernier devoir. Bref: on est au courant de tout ce qu’ils font et ne font pas chaque jour de l’année que le bon Dieu amène.

 

Nos kids sont de plus en plus stressés, de plus en plus médicamentés mais, Thanks God!, qu’ils performent!

 

Vous ai-je dit que j’ai eu 95% dans ma dernière recherche en Histoire? Chut!… ne le dites surtout à personne siou’plaît!

 

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