Makadam : l’événement que vous avez manqué

Par Simon Cordeau
Makadam : l’événement que vous avez manqué
Une quarantaine d’artistes ont réalisé huit murales dans le tunnel du P’tit Train du Nord, durant le festival Makadam. (Photo : Nordy)

À Prévost, des oeuvres d’art sont apparues sans bruit durant la fin de semaine du 28 au 30 mai, dont des sculptures de sable éparpillées dans la ville et des murales de graffiti au kilomètre 9 du P’tit Train du Nord, dans le tunnel sous la route 117. Elles sont le résultat du Makadam : un festival tenu presque secret en raison de la pandémie.

« On n’a pas eu le droit de faire de la publicité. On n’avait pas le droit de dire : venez à notre événement. On a mis quelques « teasers » sur notre page Facebook, mais sans dire où, quand et à quelle heure », explique Karine Daoust, coordonnatrice de La Station Culturelle.

L’organisation du Makadam a aussi été difficile. L’événement devait avoir lieu en 2020, mais a dû être reporté et adapté au contexte pandémique. « On a travaillé pendant deux ans. Ç’a été des négociations infinies avec toutes les instances que vous pouvez imaginer », raconte Mme Daoust.

Face aux exigences de la Santé publique, Makadam est devenu un événement éphémère, avec des activités dispersées dans Prévost, mais dont les oeuvres demeureront accessibles tout l’été et au-delà. « Avec la pandémie, il fallait installer des trucs que les gens peuvent voir en libre-service, hors festival. On veut mettre les gens en contact avec l’art malgré la pandémie. »

Quarante graffiteurs

L’oeuvre la plus impressionnante du Makadam est certainement la fresque de graffitis. Une quarantaine d’artistes se sont relayés sur trois jours pour réaliser huit murales sur la façade ouest du tunnel du P’tit Train du Nord, qui passe sous la route 117.

M. Malin, artiste et graffiteur d’expérience, crée des oeuvres dans le tunnel depuis 10 ans. Mme Daoust l’a approché pour être le directeur artistique de cette activité. « J’ai communiqué avec tout le monde qui a déjà peint dans le tunnel, par soucis que ce soit bien fait. Environ 70 % du monde qui est venu avait déjà peint là », raconte M. Malin.

Pour permettre aux nouvelles oeuvres de naître, il a dû laisser partir six de ses oeuvres, un peu à regret, mais il croit que le sacrifice a valu la peine. « J’ai aimé ça. Les artistes étaient reconnaissants. Tout le monde s’est vraiment donné. Certains ont pris une thématique asiatique, d’autres ont fait des compositions plus abstraites. Il y a beaucoup de lettrage, qui met de l’avant l’art de la calligraphie. C’est intéressant à voir, il y a une belle diversité », décrit l’artiste, enthousiaste.

Malheureusement, il n’a pas eu l’occasion de peindre lui-même durant l’événement. « Je faisais la direction artistique, je m’occupais de la peinture et du matériel, je passais avec des bouteilles d’eau. Les gens me posaient des questions. Je me serais fait déranger. Je suis venu peindre le lundi à la place. »

« Mettre de la vie et de la couleur »

En plus des murales dans le tunnel, une kyrielle d’oeuvres ont été réalisées dans le cadre du Makadam. Trois sculptures de sable peuvent être admirées à la gare de Prévost, au IGA et au parc Val-des-Monts, respectivement. Gardez l’oeil ouvert, puisque cinq autres sculptures verront le jour dans les semaines à venir.

Il y a aussi eu une activité de tricot-graffiti. Un appel à tous avait permis de récolter 1000 balles de laine. Plus de 400 élèves des trois écoles primaires de Prévost ont appris à tricoter avec l’artiste Karine Fournier, alias Tricot Pirate. Leurs oeuvres ont habillé 12 arbres dans le parc de la Coulée, en face de l’école du Champ-Fleuri. « Ça fait une forêt « enlainée ». Ça met de la vie et de la couleur », lance Mme Daoust, admirative.

Vingt panneaux ont permis à des enfants de s’initier à l’art du graffiti. « C’était l’activité gagnante de la fin de semaine », se réjouit Mme Daoust. Quatre panneaux sur l’histoire du graffiti sont également exposés à la gare de Prévost pour une durée indéterminée.

D’autres prestations éphémères ont eu lieu, comme des démonstrations au skatepark et des spectacles de breakdance spontanés. « Si tu es là, tu le vois. Sinon, c’est sur notre page Facebook », explique Mme Daoust.

 

Trois sculptures de sable sont apparues dans Prévost. Cinq autres apparaîtront bientôt. Photo : Simon Cordeau

La Station Culturelle, fondée en 2018 par Karine Daoust, est un organisme à but non-lucratif (OBNL) qui se consacre à la promotion des arts et de la culture dans les Laurentides.

Pour retrouver les oeuvres du Makadam exposées à Prévost, téléchargez l’application Ondago et retrouvez la carte interactive du Circuit de la Station Culturelle.

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