Marianne Farley, la préoccupation de la portée sociale

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Par francoiseleguen
Marianne Farley, la préoccupation de la portée sociale
Marianne Farley (aussi réalisatrice du documentaire Marguerite, sélectionné aux Oscars en 2019) tient le rôle d’Isabelle, la mère de l’adolescente, dans le film Les Nôtres. (Photo : Courtoisie)

Les Nôtres

Marianne Farley a grandi à Sainte-Adèle et étudié à l’école secondaire A.-N.-Morin. Actrice et co-productrice du film Les Nôtres, elle présente aujourd’hui un film-choc sur, entre autres, le déni d’une communauté.

Une scène du film Les Nôtres. Photo : Courtoisie

Ce projet, il y a 11 ans qu’il était sur la table. « J’ai commencé à y travailler avec Jeanne Leblanc et Judith Baribeau (comédienne), les co-scénaristes. J’avais le désir de tra-vailler avec ces deux femmes extraordi-nairement talentueuses et de jouer avec Judith, une très grande amie. »

Le film comporte plusieurs thèmes, mais, pour la productrice, il s’agit surtout d’un film sur le déni d’une communauté. « C’est un film qui parle de ces gens qui ont de la difficulté à faire face à la vérité, à se regarder dans le miroir, à faire face à leurs démons intérieurs. Ça parle d’une société qui cache beaucoup. Pour moi c’est un film qui est très contemporain, qui est important aussi, parce qu’avec tout ce qui sort actuellement on se rend compte que souvent la réalité dépasse la fiction. C’est important pour Jeanne pour Judith et pour Benoit Beaulieu (co-producteur) et moi de travailler sur les films qui ont une certaine portée sociale, ce qui nous importe c’est de susciter la discussion », nous explique Marianne Farley.

Son rôle

Le film Les Nôtres relate le parcours d’une adolescente dont le lourd secret va finir par attirer l’attention de tout le village… Marianne Farley tient le rôle d’Isabelle, sa mère. « C’est une femme qui est en mode survie. Elle a perdu son mari lors d’un effondrement dans la ville de Sainte-Adeline et tente par tous les moyens possibles de tenir sa famille à bout de bras. Elle continue d’aider sa fille mais se rend compte que la relation qu’elle a avec elle est très fragilisée, aussi par le passage à l’adolescence. Je trouvais très intéressant de mettre à l’écran des femmes qui sont complexes, imparfaites. La femme n’est pas forcément la sauveuse. On dénonce un silence qui malheu-reusement est porté par beaucoup de ces communautés-là au Québec et partout dans le monde. Ça prend beaucoup de courage pour faire face. »

Le vie après la nomination aux oscars

« Ça va vite, ça brasse beaucoup. J’avais déjà des projets en chantiers et je pense que cette nomination a peut-être contribué à ce que j’ai du financement, que les choses bougent plus rapidement. Je sens que ça m’apporte beaucoup à plusieurs niveaux, même celui de ma propre confiance par rapport à ce que j’ai le goût de raconter. »

Ces projets parleront-ils d’enjeux de société ? « Oui toujours. C’est très important pour moi. Je suis en train de finir un court métrage sur les droits à l’avortement, une thématique très importante pour moi parce que je suis inquiète sur tout ce qui se passe en ce moment en lien avec ce mouvement de droite extrême qui prend de plus en plus d’ampleur. C’est un retour aux années trente qui fait peur! »

Marianne Farley tournera en juillet un long métrage Au nord d’Albany, co-scénarisé par Claude Brie. « Je le réalise et coproduit avec Benoît Beaulieu. C’est un film sur la famille, un peu sur la fuite, sur le fait de devoir faire face à sa vie et à ses secrets. La nature humaine m’inspire énormément.»

Le cinéma féminin a-t-il une force particulière ? « Je pense que oui. Les hommes et les femmes peuvent explorer le même thème et le point de vue féminin est diffèrent. Il n’est pas nécessairement plus doux mais c’est certain qu’on ne voit pas la vie de la même façon. Je suis convaincue que plus il va y avoir de femmes en cinéma, plus il va y avoir de voix féminines fortes, plus ça va brasser les cartes et plus notre cinéma va devenir fort. Ça va provoquer beaucoup de belles choses aussi pour les hommes en cinéma, ça va stimuler la créativité . »

Sainte-Adèle

Saint-Adèle, Marianne Farley y retourne surtout pour voir sa mère qui y habite toujours . « J’ai travaillé au Saint-Hubert, à la crèmerie dans le centre, quelques étés , j’ai passé mon adolescence là. J’ai fait toutes mes niaiseries dans le parc ! »

L’histoire

Après avoir vécu une tragédie, les habitants de la petite communauté de Ste-Adeline se sont serré les coudes et se sont relevés, fiers. Ils ne sont par contre pas au bout de leur peine alors qu’une adolescente de 13 ans du village, Magalie, tombe enceinte. Celle-ci, plutôt introvertie, refuse de parler des évènements qui ont mené à sa grossesse et, surtout, ne veut pas révéler l’identité du père de son enfant. Sa mère, Isabelle, s’évertue à protéger sa fille dans cette situation affligeante, qui prendra rapidement des proportions démesurées.

 

Notez que le film prenait l’affiche le 13 mars entre autres au cinéma Pine de Sainte- Adèle. Cependant le cinéma est maintenant fermé compte-tenu des mesures prises par le gouvernement Legault pour contrôler l’épidémie du coronavirus (Covid-19).

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