Mon beau sapin

Par Josée Pilotte
Mon beau sapin

Force est de constater que nos traditions se perdent comme neige au soleil. Quelle triste réalité. Pour accommoder – ou devrais-je dire – pour ne pas choquer certaines personnes qui n’adhèrent pas à nos valeurs québécoises, nous nous dépouillons peu à peu de notre folklore qui est l’essence même de ce que nous sommes. Ainsi notre traditionnel sapin de Noël aura fait place au sapin du temps des fêtes, et notre fête de Noël elle, à la grande fête de l’amour. Faut le faire quand même!

 

Et une autre histoire à faire brailler: celle de tante Hortense qui va passer Noël dans son foyer pour vieux:

– «À ce qu’il parait, ils vont faire quelque chose de spécial pour la Noël… comme à chaque année en fait.»

(…)

– «À ce qu’il parait, ils vont faire un menu spécial… comme à chaque année en fait.»

(…)

– «J’aurais vraiment aimé passer la Noël avec mes petits neveux et mes neveux. Mais ils m’ont dit qu’ils étaient trop occupés… comme à chaque année en fait.» (…)

 

Oui malheureusement, nos valeurs se perdent comme un iceberg à la dérive dans l’Atlantique. Quelle triste réalité.

 

Je ne sais pas comment ça se passe chez vous mais cette année, j’aurais envie de nous souhaiter plus d’altruisme en cette journée de Noël.

 

Pour ma part, je vais aller chercher ma grand-maman Maria cette année qui passera son premier Noël sans l’homme de sa vie, mon grand-père Armand  que j’adorais. Ils ont vu passer sous le sapin traditionnel, soixante-dix ans d’amour, leurs enfants, les enfants de leurs

enfants et leurs arrière-petits-

enfants qui ont à leur tour perpétué tant bien que mal les traditions familiales. Je ne sais pas pour vous, mais moi, les traditions j’en ai besoin. C’est mon équilibre qui me tient dans ce monde parfois si instable. C’est mon retour aux sources quoi: mon Home sweet home, mes souvenirs d’enfance. Vous souvenez-vous de ces soirées de Noël qui finissaient souvent pour les enfants, dans le tas de manteaux de fourrure des matantes Georgette, Lucienne et compagnie, entassés sur le lit?… Vous souvenez-vous de votre grand-mère, le tablier accroché au cou durant plus d’un mois, à faire des tartes, et encore des tartes, pis des beignes?… Vous souvenez-vous encore de l’odeur de Noël: un mélange de cannelle, du tabac à pipe de pépé et de l’odeur de sapin?

 

Quand je nous vois tous, mes enfants, ma famille, rassemblés autour du sapin, à célébrer notre Noël, à poursuivre ces traditions, et bien ça me remplit littéralement de joie.

Alors cette année cher lecteur, je te souhaite de rire aux éclats, de lâcher ton fou, de ne pas trop prendre les choses au sérieux, et de profiter de l’instant présent.

 

Je te souhaite de mettre de côté tous ces dossiers qui nous alourdissent, qui ne font qu’accentuer notre pessimisme. Au diable la Charte, la politique, la Commission, la construction, les cônes oranges, le pont Champlain, les Canadiens, les commotions…

 

Allons plutôt jouer dehors, respirons un grand coup, plongeons dans la neige, et faisons l’ange avec nos bras.

 

Et en terminant, je te souhaite à toi Hortense un peu plus de visite, … et d’amour.

 

Joyeux Noël

On se revoit en 2014!

xxx

 

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