Monique Pariseau, l’enseignante derrière la femme de lettre

Photo de Martine Laval
Par Martine Laval

Parce que dans nos belles Laurentides vivent de bien belles personnes, créatives, inspirantes, ne serait-il pas intéressant de les rencontrer afin de les présenter et de partager avec vous leur histoire, leur essence, leur oeuvre, leur inspiration, ce qui les fait vibrer, leur comment du pourquoi? 

Voici donc une nouvelle chronique, qui pendant quelques mois vous fera découvrir qui nos forêts abritent, qui marche nos sentiers, qui nage nos lacs, qui s’imprègne de la beauté de nos lieux, qui se nourrit du silence pour mieux s’entendre penser, pour être et créer. Voici quelques belles gens de chez nous, en toute simplicité, pour votre plaisir et pour le mien.

Ce que l’on connaît moins de cette écrivaine qui nous a offert quelques bons livres pour la plupart desquels elle a gagné des prix, c’est son rôle d’enseignante…

 

Professeure de littérature pendant 32 ans au Cégep de Saint-Jérôme, maintenant à la retraite, ne serait-il pas intéressant de connaître la philosophie qu’elle avait adoptée derrière cette carrière? Ce qui l’a motivée année après année à transmettre ses connaissances, son savoir, son art? 

 

Les mots

Lorsqu’on parle d’écriture avec Monique Pariseau, la passion s’enflamme. 

 

«Les mots méritent qu’on les manipule avec soin. Ils sont précieux. Il ne faut pas les briser. Après tout, c’est ce qui nous distingue des animaux. Il n’y a pas de pensée sans langage. Les mots sont ce qui nous traduit le mieux et lorsqu’ils ne peuvent plus traduire l’émotion, il y a le cri, la violence», exprime-t-elle. 

 

Son enseignement

«Ce que j’enseignais à mes élèves c’était toute l’importance, la richesse, la force et le pouvoir des mots. Je leur disais qu’écrire c’est peindre avec des mots. C’est saisir le moment, le regard, l’émotion et l’emprisonner tel l’ambre dont la résine coule en emportant avec elle le moustique, la poussière pour les figer dans le temps pour toujours. Les mots ça se travaille, comme de la ciselure.» 

 

«Il y a aussi la lecture. Le goût de la lecture vient en lisant. Lire ne doit pas être une punition mais plutôt un cadeau que l’on s’offre. Je tentais donc de faire apprécier à mes élèves les livres, les histoires. Grâce aux mots, il y a de la vie dans un livre. Lire c’est entrer dans une sensibilité autre que la sienne» explique Madame Pariseau qui initiait d’abord ses élèves à la littérature générale pour les transporter du Moyen Âge au 19e siècle dans leur deuxième année.

 

En 32 ans d’enseignement, cette professeure émérite a transmis son amour des mots, des livres, des auteurs et des styles à environ 6400 élèves! Y a-t-il parmi tous ces élèves, quelqu’un qui se soit démarqué en devenant écrivain ou quelqu’un de grand dans le monde de la littérature? «Il y a bien ce jeune homme, Jérôme Laffond, qui se destinait au travail social et qui a changé de parcours pour devenir jeune auteur. Il est maintenant professeur de littérature à la Sorbonne à Paris! C’est le cas de l’élève qui dépasse le maître!» raconte-t-elle avec fierté. 

 

Et notre littérature? 

Que pense Monique Pariseau de notre littérature québécoise? 

 

«Il y a tant de talents, de richesse dans notre littérature! Je trouve déplorable que les Français ne s’y intéressent pas. Je suis fière de notre grande poète Hélène Dorion, trésor québécois reconnu internationalement, entre autres. 

 

Nos téléromans aussi, sont une écriture unique à notre culture. On se reconnaît à travers eux. Le rap, le slam, c’est la poésie de ce présent siècle. Nous avons d’excellents auteurs, de très bons textes dans ces nouvelles façons d’écrire.»

 

Des projets? 

Quels sont les projets de cette enseignante maintenant à la retraite? 

Il y a eu ce concours des Prix littéraires de Radio-Canada dernièrement auquel elle a participé et pour lequel elle a gagné «le choix du public» et le 2e prix dans la catégorie Récit avec «Brind de nid». 

 

Elle fait présentement partie d’un projet concernant les écrivains et les auteurs du Nord dont elle n’est pas prête à parler mais sur lequel elle travaille actuellement.

 

Il y a son dernier roman Jeanne Barret dont ses lecteurs et lectrices réclament la suite et à laquelle elle songe. Les projets ne manquent donc pas semble-t-il.

 

Monique Pariseau partage sa vie entre Saint-Hippolyte, où la forêt qui la cache comble son besoin d’intimité, et Saint-Vallier, collé sur le fleuve, son coin de vie estival depuis l’enfance. Inspirée par la forêt et les lacs qui font partie de son paysage quotidien, et l’air de la mer qui lui rappelle son enfance, elle y puisera son inspiration. 

 

Et vieillir?

Ce que Monique Pariseau trouve intéressant dans le fait de vieillir «c’est qu’une contrariété ne devient plus un drame», citant ici Françoise Giroux. 

 

En tant que grand-mère, quel héritage désire-t-elle laisser à son petit-fils? 

La curiosité, l’amour des petites choses et en voir la beauté, ainsi que l’absence de préjugés. 

Ceci refléterait-il l’adoucissement de la vie intérieure vers lequel on avance avec l’âge?

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de