Ne manquez pas ça!

Par Stephane Desjardins

2 days in Paris

J’ai ri. Beaucoup ri. Et j’ai ri intelligent. J’ai donc beaucoup apprécié 2 days in Paris. Et je vous invite fortement à aller voir ce petit bijou de film, qui suscitera certainement une bonne discussion sur la vie de couple entre conjoints et amis.

Le film, réalisé et scénarisé par la comédienne Julie Delpy, rappelle beaucoup certaines comédies de Woody Allen. Même ton existentialiste. Même humour léger mais baveux. Mêmes personnages névrosés et sympathiques. La différence, c’est que l’action se déroule à Paris et non à New York. Et que les deux personnages principaux ne sont pas Mia Farrow et Woody Allen, mais Julie Delpy et Adam Goldberg.

Les deux comédiens forment donc un couple un peu dépareillé.Jack, avec son attitude assez yankee de tout critiquer en comparant avec sa lointaine Amérique, est une montagne de contradictions. Cons­tamment malade, allergique, il fume comme un engin. Il se méfie du métro de Paris qu’il considère comme une cible parfaite pour les terroristes. Marion, de son côté, est ravie de retrouver son ancienne vie parisienne, mais multiplie les petits mensonges pour éviter de faire de la peine à son Jules. Car ce dernier est bouleversé d’apprendre qu’il est entouré des anciens amants de sa Dulcinée. Ajoutez le choc culturel de la vie parisienne, et vous avez un mec qui passe un sale quart d’heure.

En fait, un sale 48 heures (d’où le titre). C’est que le couple, qui vit à New York, a décidé de passer deux semaines à Venise. Et de faire une escale de 48 heures à Paris, où vivent les parents de Marion.

Mais il y a toujours une différence entre le quotidien et les voyages. Certaines personnes se sentent parfaitement bien avec leur tendre moitié lors de leurs périples au long cours. D’autres trouvent ça assez pénible. Car la proximité permanente de l’autre, l’éloignement, les chocs culturels aiguisent les sens mais mettent également les nerfs à l’épreuve. Julie Delpy aurait pu se casser facilement la gueule avec un tel sujet. Elle surfe plutôt allègrement sur les petites choses de la vie qui peuvent transformer une relation en un enfer, même s’il est pavé de bonnes intentions. La critique sociale est aussi une préoccupation des personnages. On se bidonne à les voir commenter acerbement les petits (et grands) travers des Parisiens, surtout les chauffeurs de taxi. L’Amérique de Bush passe aussi à la moulinette, ce qui n’est pas surprenant, puisque nous sommes en France.

Mais c’est franchement le couple qui est rebrassé avec finesse et humour par la réalisatrice.

Même si le film joue plusieurs vérités sur un ton léger, il est clair qu’on ne veut absolument pas se retrouver dans la peau des personnages. Car ceux-ci vivent presque un enfer par moments. Pris au piège de leurs propres certitudes, ils sont incapables, par moments, de ne pas se livrer à l’inévitable règlement de comptes.

Cela dit, on rit tout au long de ce film tourné dans les rues d’un Paris à mille lieux de la carte postale habituelle. Voilà une oeuvre diablement efficace et réjouissante. Impos­sible de ne pas y succomber.

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