Négos Santé FIQ-SPSL : Vote au mois d’août sur l’entente de principe avec Québec

Par Luc Robert (initiative de journalisme local)
Négos Santé FIQ-SPSL : Vote au mois d’août sur l’entente de principe avec Québec
Mme Julie Mathieu, vice-présidente de la section Sud de la FIQ-SPSL. (Photo : Gracieuseté)

Si l’exécutif syndical FIQ-SPSL a présenté avec joie l’entente de principe négociée avec le gouvernement du Québec à ses membres, le mardi 29 juin dernier, plusieurs appréhendent tout de même la période post-pandémie avec incertitude.

Les quelque 4 200 membres du Syndicat des professionnels en soins des Laurentides (FIQ-SPSL), dont l’unité locale des installations de Saint-Jérôme, ont en effet pris connaissance des offres patronales, lors d’une assemblée générale extraordinaire, tenue via la plateforme Zoom.

« Je ne peux commenter les détails. Mais disons qu’ils ont pu voir en long et en large ce qui a été négocié. Les membres pourront se prononcer sur l’entente de principe au mois d’août prochain », a divulgué Mme Julie Mathieu, vice-présidente de la section Sud de la FIQ-SPSL.

Selon ce qu’il a été permis de dénicher sur le site de l’union, les travailleurs et travailleuses devront évaluer les propositions suivantes : « Les gains sur le plan de la rémunération globale incluent un 6 % d’augmentation salariale, de même qu’une prime FIQ de 3,5 %, en plus d’une reconnaissance plus large des heures travaillées, pour atteindre l’objectif entre 11,5 % et 12,5 %. À ces gains s’ajoutent d’autres bonifications financières incluses dans le sectoriel », est-il écrit. « Sans oublier les avancées concernant les conditions d’exercices incluses à l’entente globale. »

Inquiétudes

Certains corps de métier, comme celui des super-infirmières (IPS – infirmières praticiennes spécialisées), ont tout de même déploré que si l’entente est ratifiée, leur semaine de base passe de 35 à 40 heures.

« Il faut prendre l’entente dans sa globalité. On a fait des gains dans plusieurs domaines. Je ne connais pas les chiffres exacts, mais de mémoire, au CISSS des Laurentides, ils voulaient recruter 200 IPS. Je crois qu’au final, ce sont environ 120 qui ont été embauchées. »

Fin de la mesure « James Bond »

Par ailleurs, le sous-ministre a informé les syndicats que toutes mesures autorisées dans le cadre de l’arrêté 007 seront automatiquement révoquées à partir du 3 juillet. En clair, l’imposition de mesures d’urgence sanitaires, qui permettaient de contourner les conventions collectives, sera retirée, à quelques exceptions près.

« L’employeur ne pourra plus utiliser la défaite qu’il y a un arrêté et qu’il peut l’utiliser. Cela bafouait les droits des membres et imposait beaucoup de mesures en faisant fi de la convention collective. Si cela a mis fin aux déplacements non volontaires et a aidé plusieurs membres, d’autres seront encore pris dans un cercle vicieux. Dans le cas d’éclosion de la COVID- 19 ou d’absentéisme relié à une éclosion, le sous-ministre pourra autoriser des mesures spéciales, mais qui devront avoir une date de fin prévisible. En ce sens, il ne tiendra pas compte de la pénurie de personnel et de sa fatigue, qui a empiré pendant la pandémie. »

Conversion

Le syndicat prévoit par ailleurs que des impositions différentes pourraient survenir.

« Je crois que l’employeur va utiliser plus de TSO (temps supplémentaire obligatoire) pour combler les pertes en départ et en réorientation. Avant, plusieurs employés expérimentés prolongeaient leur carrière avant la retraite pour aider. Mais là, en convertissant 200 postes réguliers de jours en rotations de jour-soir et de jour-nuit, des expérimentés prendront leur retraite. La rétention ne sera pas meilleure avec l’arrivée des Maisons d’Aînés. S’il n’y a pas de professionnels de soins disponibles, ils vont vider le réseau pour pourvoir les postes et le cercle vicieux va se poursuivre. »

« C’est la même chose avec la main d’oeuvre indépendante (les agences de placement en santé). Quand ceux du privé reçoivent les beaux choix d’horaires, ou que nos syndiqués se retrouvent dans d’autres sphères d’activités à horaires variables, ça affecte nos membres. Il a fallu l’arrêté 2021- 017 pour baliser ça. Et quand on s’est mobilisé pour remettre une pétition à M. (Jean-Philippe) Cotton (PDG adjoint du CISSS des Laurentides), on n’a pas senti un grand appui de sa part. »

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