Budget 2026 à Saint-Sauveur Priorités assumées, arbitrages serrés et débats à venir
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
En misant sur une approche pédagogique avant même de dévoiler ses chiffres, la Ville de Saint-Sauveur a voulu préparer le terrain à un budget 2026 marqué par des priorités affirmées, des choix controversés et une volonté claire de transformer certains services municipaux.
Comprendre avant de juger
Rarement un budget municipal aura été précédé d’un tel effort de vulgarisation. Avant d’entrer dans les chiffres, la Ville a pris soin de définir les notions de taxation, de tarification, de quote-part, de dette et de surplus. Un choix assumé par l’administration, qui souhaite que la population comprenne les mécanismes financiers avant d’en débattre.
« Un budget, ce n’est pas seulement une liste de dépenses. C’est un outil de planification, de contrôle et un engagement envers les citoyennes et les citoyens », a rappelé la direction municipale, insistant sur le fait qu’une hausse des dépenses ne se traduit pas mécaniquement par une hausse équivalente des taxes.
Prioriser plutôt que maintenir le statu quo
Le maire Luc Martel a été clair. Le budget 2026 est le fruit de choix difficiles. « Nous avons pris nos responsabilités. Ça n’a pas été facile, mais il fallait faire des choix pour respecter la capacité de payer des citoyens et des commerçants », a-t-il affirmé en séance.
Le conseil municipal s’est fixé comme objectif un pourcentage de taxation inférieur au taux d’inflation, établi à 3,2 %. Une contrainte qui a forcé la Ville à revoir certaines dépenses, à réduire le soutien à des partenaires et à repenser des façons de faire. « On ne coupe pas par plaisir. On priorise », a répété le maire, préférant ce terme à celui de coupures.
Le virage du service incendie 24 h sur 24
Parmi ces priorités, une se démarque nettement: le passage à un service incendie 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Cette décision explique en grande partie la hausse marquée des dépenses en sécurité incendie, un choix que le maire assume pleinement.
« Oui, ça coûte plus cher, mais ça vient avec une sécurité accrue. Les pompiers sont aussi des premiers répondants. On parle de sauver des vies », a soutenu Luc Martel, rappelant que Saint-Sauveur devient l’une des rares municipalités de la région à offrir un tel niveau de service en continu.
La Ville affirme également vouloir atténuer les coûts en explorant des ententes avec d’autres municipalités, ce qui pourrait générer des revenus et répartir la charge financière à moyen terme.
Culture, organismes et malaise latent
Là où le débat s’intensifie, c’est du côté des organismes soutenus par la Ville. La réduction de l’aide financière à la Chambre de commerce, au Festival des Arts et au Musée du ski soulève des inquiétudes quant à l’impact sur la vie culturelle et touristique.
Le maire assure toutefois que ces décisions ont été expliquées aux organisations concernées. « Nous avons rencontré les trois organismes. On est convaincu qu’ils peuvent rebondir et s’appuyer sur d’autres partenaires, notamment la MRC », a-t-il indiqué. Du côté de la chambre de commerce, la direction dit avoir été surprise par l’ampleur des coupures, estimant que les échanges tenus avant le dépôt n’annonçaient pas une décision coulée dans le béton. « Nous, on pensait qu’ils changeraient d’idée », affirme-t-elle.
Les réactions de ces acteurs sont attendues dans les prochaines semaines.
Sentiers et bénévolat
Autre choix assumé, la suppression d’un poste lié aux parcs et aux sentiers. Pour la Ville, le développement de ces infrastructures devra désormais passer par une plus grande mobilisation citoyenne. « Il y a une volonté réelle de s’impliquer. On veut canaliser cette énergie bénévole », a fait valoir le maire, évoquant une nouvelle façon de gérer et d’améliorer le plein air local.
Un budget qui appelle la discussion
Le budget 2026 de Saint-Sauveur ne se contente pas d’aligner des chiffres. Il trace une direction politique claire, centrée sur la sécurité publique, la rigueur financière et la transformation de certains services. Reste maintenant à voir comment ces priorités seront reçues par la population et les organismes touchés, alors que le débat public ne fait que commencer.