Nos cantines seraient salubres

Par Eric-Olivier Dallard

À en croire les inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ), les cantines d’été seraient bien entretenues et ne mériteraient pas plus d’attention de leur part que les restaurants grandes surfaces.
«Les cantines sont inspectées au même titre que tout autre établissement, explique Isabelle Trudeau, ex-inspectrice des aliments au MAPAQ. Les mêmes méthodes s’appliquent. On vérifie la matière, la méthode, la main-d’œuvre, le matériel et le milieu. Et si jamais un réfrigérateur est trop chaud, on exige que la nourriture soit déplacée sur-le-champ. Même la qualité de la crème glacée est testée!»

Cela dit, rien ne nous empêche d’être vigilants. Même si ça en répugne plusieurs de voir les jeunes cuistots des cantines servir une frite, tripoter de l’argent et aller retourner une boulette de viande sans penser à se laver les mains, il semble qu’il n’y ait pas là une grande source de bactéries. «Le pire, précise Mme Trudeau, c’est quand quelqu’un se gratte l’œil, le nez, ou qu’un employé éternue que ça se gâche. Souvent, ajoute-elle, ceux-ci n’ont pas le réflexe de passer au lavabo.»

Pour le reste, le roulement est tellement grand qu’il y aurait peu de risque de contamination, même pour le hamburger, à moins que celui-ci ne soit cuit à la bonne température (70 degrés celsius). Quant à l’huile, ce n’est pas dans l’intérêt du restaurateur d’en utiliser de la vieille. Si elle fume, elle dégage une fumée toxique et quand elle est rancie, les frites absorbent davantage de gras et sont, par conséquent, de bien moins bonne qualité.

Hygiène 101

Les employés des cantines ne doivent pas faire exception aux règles d’hygiène de base et ne doivent porter aucun bijou, montre ou boucles d’oreilles (celles-ci peuvent se retrouver dans la salade ou la soupe). De plus, ils doivent porter un bonnet (une casquette peut faire l’affaire) ou une résille qui recouvre entièrement la chevelure, y compris le toupet (c’est souvent là que le bât blesse).
«Les consommateurs sont nos yeux, poursuit Isabelle Trudeau. S’ils constatent quelque chose d’incorrect, ils peuvent faire une plainte au 1-800-463-5023. Le suivi est très rapide. Le jour même ou le lendemain, un inspecteur se rendra sur place pour veiller à ce que tout redevienne conforme.»

Selon l’ex-inspectrice, nos voisins de l’Ouest du pays considèrent que nous possédons un excellent système d’inspection au point qu’ils nous copient. «Et vous savez, une amende n’est rien en comparaison avec la mauvaise publicité qui nous échoit», conclut Mme Trudeau. Qu’à cela ne tienne, plusieurs services de restauration rapide ont écopé d’amendes allant de 250 à 2000$ au cours de la dernière année, dont La belle Province, situé à Tremblant. L’exploitant a fermé ses portes depuis. Pour consulter la liste des restaurants fautifs de votre ENDROIT, consultez sur le www.mapaq.gouv.qc.ca.

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