Notre UNE a fait jaser…

Par Nathalie Deraspe

 

La Une d’Accès de la semaine dernière a fait couler beaucoup de salive. Ça dû jaser fort dans les chaumières! Au journal, nous avons reçu trois appels d’individus déchaînés, qui ont dénoncé avec virulence notre choix de photo pour la couverture de la publication. Celui-ci était certes audacieux. Précisons toutefois que nous ne l’avons pas fait pour choquer. Est-il besoin de rappeler que cette photo circulait déjà sur la page facebook d’un enfant de 11 ans…Ce que nous voulions, c’est lancer le débat. Mission accomplie!

 

Carol Tremblay a été le premier à s’exprimer sur le sujet: “On ne se presse pas ici pour laisser des commentaires, semble-t-il. Comme le dit l’article; on a sûrement peur d’être accusés de puritanisme… La réalité, hormis les incartades sexuelles offertes aux adolescents par le Bourbon, c’est que cet endroit a été par le passé un trou, est encore aujourd’hui un trou, et restera toujours un trou. Il faut voir dans quel état de décrépitude se trouve le bâtiment, en plein jour, pour comprendre que la nuit, les propriétaires ne cherchent qu’à exploiter toutes les faiblesses de notre jeunesse à de simples fins monétaires… Sex, drogues et rock & Roll, des valeurs inculquées par leurs parents et grands-parents; les baby-boomers…

 

De son côté, Martine Michaud Cohen encourage le dialogue. “Quand on dit qu’une image vaut mille mots, la ‘Une’ d’Accès est on ne peut plus explicite. Alors que cette photo circule allègrement sur Facebook, je félicite votre courage à vouloir informer la population sur ce qui se passe dans les Laurentides. Vous osez prendre position pour amener les gens à une prise de conscience. Pas un texte banal qui nous apprend que des gens se sont plaints. À mon grand étonnement, j’ai entendu quelques commentaires négatifs autour de moi à l’effet que c’était bien épouvantable que le journal Accès ait osé mettre une telle photo en pleine Une. “Oh! Mon Dieu que c’est dégradant! Nos enfants n’ont pas à voir une photo d’une telle vulgarité. C’est pas des affaires à montrer! Qu’est-ce qu’on va bien leur dire!!!” On focusse sur la photo sans oser lire le texte. La vérité vous choque trop ou vous fait peur? Mais qu’est-ce qui dérange tant? Rien que d’écouter la télé de 9h à 20h vous permettra de voir pas mal plus de vulgarités et de références directes au sexe. Les films et surtout les vidéoclips en sont pleins. Vous empêchez vos jeunes d’écouter la télé? Et pour les publicités coquines de condoms et de gels, etc, à la radio, vous éteignez le poste? Refuser de voir et d’entendre ne fait pas disparaître la chose, bien au contraire. Depuis plusieurs années tout le monde se doute, sans le savoir vraiment, ce qui se passe au Bourbon. Je suis convaincue que les plus grands offensés font partie de ces gens qui sont férocement contre les cours de sexualité à l’école. Entrez-vous bien en tête que: pas besoin d’un cours pour mettre des idées dans la tête de vos enfants!!! La curiosité est normale. Ce qui est malsain c’est de le nier. Si le discours n’est pas ouvert à la maison et qu’il n’y a pas de cours de sexualité dans les classes, à qui les enfants poseront-ils leurs questions? Où est-ce que les enfants apprendont? Moi qui croyait que les années ‘70 avaient apporté une ouverture d’esprit et de dialogue sur tout…. On se retrouve avec des jeunes qui s’informent par leurs propres moyens, en silence devant leur ordi. Ils ont une vision de la sexualité complètement tordue. De la porno-sexualité qui leur arrive directement par Internet dans le confort de vos maisons! L’article nous apprend vraiment ce qui se passe d’une façon directe sans sensationalisme. La photo est dure? Ce qui s’y passe est dégueulasse et avilissant pour les jeunes. Je suis mère de 2 adolescents à qui j’ai montré la photo et fait lire l’article en question. Nous en avons par la suite discuté. Ce que je vous invite à faire. Cessons de jouer aux autruches. Faisons notre devoir de parents auprès de nos enfants, en les préparant à faire face aux nombreux questionnements et défis de l’adolescence. Si nous ne le faisons pas – Internet et les ”amis” le feront et pas de la bonne façon.”

Nathalie Prud’Homme renchérit: « Voila déja plusieurs années, je dirais 7 à 8 ans, une amie me racontait que sa fille avait assisté à ce genre de PARTY….Et vous savez ce qui nous avait ébranlées le plus? C’est que pour ces jeunes filles, ce concours était comparable au jeu de la pomme dans un bol d’eau …. Je ne suis pas offusquée des histoires d’un soir ou simplement le sexe pour le sexe…entre adultes consentants tant que tout soit fait dans le respect… Mais quand le sexe perd toute sa saveur et devient une banalité aussi ridicule …je ne peux que me sentir triste et décue. »

 

Pour Marie France Belso, peu de choses ont changé : « Dans le temps, le bordel était dans les chambres. Maintenant, dans le bar. La police n’a jamais été vraiment présente au Bourbon, arrivait tard, 5h du mat’ quand tout était fini. La présence des mineurs, ça toujours été courant. J’ai commencé à y sortir quand j’avais 14 ans et j’y travaillais à 15, confesse-t-elle. Je vous le dis, rien n’a changé… » 

 

Annie-Claude Ste-Marie considère que “l’article est pertinent, mais la photo en page couverture n’était pas nécessaire…”

 

Le commentaire de Micheline s’intéresse à la responsabilité des garcons dans cette affaire: “Ce qui m’offusque moi dans cet affaire c’est le gros titre en page couverture: “où était votre FILLE samedi soir”. Et si c’était votre FILS qui participait au sex party du Bourbon Street? Serait-ce moins pire? Comme si de s’abaisser à simuler une fellation sur une scène était pire que d’être celui qui abaisse les autres.”

 

“Les mamans de jeunes filles de 15-16 ans doivent capoter, écrit Alexandre Archambault. Moi je suis pas vraiment étonné qu’on en soit rendu là.”

 

“Je viens de lire l’article…. poursuit Nathalie Saumon Surprise? pas vraiment…L’ère de la technologie permet aux jeunes et moins jeunes d’avoir accès à une foule de photos, vidéos qui banalisent le sexe et surtout les déviances sexuelles. Les tarés se sentent rassurés dans leur folie et les plus jeunes adoptent des comportements pour lesquels ils n’ont pas la maturité pour en mesurer les impacts. Malheureusement, on pourra toujours compter sur l’exploitation de ce filon pour faire la $$$.”

 

“Je me demande, si j’avais une fille de 16 ans, quelle aurait été ma réaction. Je me serais probablement dit: “Ma fille, elle est à la maison”. Je crois que ça demeure une minorité de jeunes filles qui sont aux prises avec ces problèmes”, soutient François Plouffe

 

Michel MCArthur: “J’espère ne pas créer une controverse, mais malgré que je trouve ça de mauvais goût, je me pose la question:” Est-ce que c’est pire que les **wet tee-shirt** qu’on avait quand on était jeune et en vacances? Si ça ce passe en Floride durant le Spring break, est-ce que c’est ok parce que c’est pas au Québec? Je lis des commentaires qui font référence à des filles de 15-16 ans, mais l’article n’en parle pas. C’est sur que le sexe est plus visible aujourd’hui avec Internet, les caméras vidéo sur les téléphones, etc,. mais est-ce que ça veut dire qu’il y en a plus? J’ai de bons enfants qui auront bientôt 13 et 15 ans. Quand je discute avec ma grande fille de ses amis et de l’école, je vois un plus gros problème avec la drogue que le sexe. So far so good avec mes enfants.”

 

Jeanne Cornellier lance un cri du coeur. “Tout ceci nous montre que nous avons beaucoup à entreprendre pour éduquer notre société, surtout notre jeunesse. Je me pose beaucoup de questions en ce qui regarde la formation des mamans qui ont à éduquer leurs enfants…Comment le faire? Comment convaincre que les êtres humains ont des responsabilités envers leur propre c
orps…….Je suis très très inquiète..que va-t-il se passer????”

 

François Daoust de Saint-Sauveur, estime que nous avons manqué de jugement. “Je suis un fidèle lecteur du journal Accès depuis ses tout débuts et je trouve que vous faites généralement de l’excellent travail. Cependant, cette semaine je suis extrèmement déçu et outragé par le choix de votre page couverture. Vous avez selon moi erré complètement sur le traitement du sujet  en présentant cette photo des plus explicites en une… Je dirais même plus, que le fait de présenter cette photo sur un journal regardé un public de tout âge, représente une faute encore plus grave que la tenue de l’évènement en tant que tel, évènement s’adressant en principe à une clientèle adulte. Jeudi soir dernier, ce sont mes enfants de 5 et 9 ans qui ont ouvert le publi-sac à la maison, comme à toutes les semaines… Malheureusement, les petites barres noires de censures n’ont pas fait leur job !!! Non mais faut pas prendre le monde (et les enfants) pour des caves…

 

J’ìmagine aussi la réaction des parents de ces jeunes filles sur la photo…pensez-vous vraiment qu’ils ne reconnaîtrons pas leurs enfants ??? Bref j’aurais été moins étonné de retrouver cette photo sur “l’autre hebdo”, mais sur celui de Josée Pilote que j’adore sans la connaître, pour son dévouement social, son ton et la justesse de ses propos, j’imagine que celle-là tu l’a échappée…Des excuses à la population et aux enfants encore innocents seraient appréciés.”

 

Le mot de la fin revient à la sexologue inter­viewée dans le cadre de l’article de Thomas Gallenne. “J’ai fait sûrement réagir des gens avec l’affirmation que la maturité maximale du jugement est atteinte vers 21-23 ans. Mais j’assume ! Ce sont les dernières recherches en neurobiologie sur le cerveau.” Nicole Desjardins, M.A.

 

Il existe une façon de faire une plainte au Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques pour dénoncer les pratiques du Bourbon Street qui sont hors de leur mandat, indique Claudia Juteau, intervenante à L’élan-CALACS. Par la suite, ce conseil fait suivre directement la plainte à la Régie des alcools, des courses et des jeux. Nous croyons que la population a le droit de savoir qu’ils peuvent faire quelque chose avec leur mécontentement. Allez voir le lien: http://conseilethique.qc.ca/fr/

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